Elle le retrouva dans un tiroir, entamé à peine, n'ayant pleuré que quelques larmes, cierge pascal, cierge de gloire qu'il lui avait plu d'acquérir un jour,—cierge adultère et de blasphème, car il avait éclairé, en pleurant, les premiers baisers de l'Amie et de l'Adoré.
Ce cierge! Ah! que ce fut dur pour elle, la vue de ce flambeau d'amour, tout incrusté de grains d'encens, ce flambeau de consolation et de ressouvenir qu'ils ne devaient allumer qu'aux anniversaires, destiné à leur mesurer des années de joie,—et qui allait donner au mort sa dernière lueur, pleurer sur le mort ses suprêmes larmes.
L'amertume du péché, en cette minute, lui contracta la gorge et lui troubla le cœur.
Le cierge adultère! En l'achetant, en le profanant, en faisant surgir de la cire sacrée une flamme sacrilège, en l'érigeant témoin des mauvaises amours,—elle avait acheté la mort, la condamnation de l'adoré et la sienne; car, n'était-elle pas condamnée, elle aussi, et ne savait-elle pas exactement ce qui allait se passer, tout ce qui allait se passer, quand la tremblante clef aurait ouvert à son seigneur la porte de la maison adultère?
Mais elle ne voulait pas réfléchir, pas encore, jamais! Sa bravoure était en actes et non en pensées.
Elle alluma le cierge adultère et s'agenouilla, droite, les mains jointes et un peu écartées du corps, et—sans un mouvement que celui de sa poitrine effarée,—elle attendit l'heure de son maître, la belle, la bonne, la brave, la glorieuse Adultère.
LA ROBE
Ce jour-là, il la rencontra,—la robe nouvelle!
Elle s'avançait, lente et fière, avec la souriante et mystérieuse majesté qui convient aux réalisations esthétiques de la dernière heure, avec la grâce irritante de l'inédit.
C'était bien elle, c'était bien la robe nouvelle.