Je n'ai pas l'air de comprendre et lui verse du thé. Au thé trop parfumé, Galathée préfère l'énervant steinberger, et la voilà, très excitée, qui me donne à manger dans sa cuillère de la confiture d'airelles, à croquer le gâteau rompu par ses dents, à boire le vin dont viennent de se mouiller ses lèvres… Moi, je baise les doigts qui ont goût de gingembre et je me sens faim de chair vive, d'une peau plus odorante que le thé jaune,—de tes cheveux épicés, Galathée, des émanations fines de ta flore, fleur,—des violents piments de ta faune, femme… Non, pas plus, seulement te boire et te manger…
… Ah! quelles saveurs j'ai trouvées, inédites et réconfortantes!…
… Non! Le reste, Daphné, éternisons-le par le désir: entre dans ton écorce et rêve pendant que, nimbé d'or, je viendrai poser mes lèvres attristées sur la chair arborescente de mes amours stérilisés…
Ici finit le jeu des sensations élémentaires.
TABLE
| PÉHOR | [7] |
| LA ROBE BLANCHE | [23] |
| LE SECRET DE DON JUAN | [41] |
| LES FUGITIVES | [53] |
| LES YEUX D'EAU | [63] |
| LE SUAIRE | [73] |
| SUR LE SEUIL | [95] |
| LA MARGUERITE ROUGE | [111] |
| LA SŒUR DE SYLVIE | [127] |
| L'AUTRE | [141] |
| CELLE QU'ON NE PEUT PAS PLEURER | [153] |
| LE MAGNOLIA | [165] |
| LE CIERGE ADULTÈRE | [177] |
| LA ROBE | [191] |
| LE FAUNE | [201] |
| DANAETTE | [211] |
| CONVERSATION DU SOIN | [223] |
| STRATAGÈMES | [237] |
Poitiers.—Imp. Marc Texier.