»C'est à M. Esmeijer que revient l'honneur d'avoir introduit aux Pays-Bas, pour l'étude des langues vivantes, la méthode directe ou intuitive, qui consiste à parler à l'enfant et à le faire parler dès le début. Le maître chargé d'enseigner le français proscrit dans ses leçons l'usage de hollandais. Cette innovation hardie a provoqué une vive opposition de la part des défenseurs de la vieille méthode des traductions. Mais les progrès des élèves sont si rapides, la supériorité de la nouvelle méthode ressort si clairement que M. Esmeijer a eu beaucoup d'imitateurs et que la cause paraît gagnée.

»Dans cet établissement modèle, les enfants commencent l'étude du français dès l'âge de six ans, tandis que dans les autres écoles on ne débute qu'à neuf ans. Au bout de trois mois d'exercices—une demi-heure par jour—ces petits garçons comprennent déjà fort bien et s'expriment avec une réelle facilité. Dans les classes supérieures, les travaux des élèves sont absolument remarquables. En narration française, beaucoup d'entre eux dépassent la moyenne des jeunes Français aspirant au brevet élémentaire.

»Naturellement, le français est aussi enseigné avec soin dans les gymnases, dans les écoles secondaires et dans les classes supérieures des écoles publiques. Mais ce seul exemple, pris dans l'enseignement libre, suffit pour montrer tout le prix qu'on attache à la connaissance de notre langue.»

(Le Petit Temps, 4 mars 1900.)

TABLE DES MATIÈRES

I.—Du Style ou de l'Écriture

II.—La Création subconsciente

III.—La Dissociation des idées

IV.—Stéphane Mallarmé et l'idée de décadence

V.—Le Paganisme éternel.