Le printemps n'est pas la seule saison du rut. Le calendrier de l'amour s'étend le long de toute l'année. En hiver, ce sont les loups, les renards; au printemps, les oiseaux, les poissons; en été, les insectes, beaucoup de mammifères; en automne, les cerfs. L'hiver est très souvent la saison élue par les animaux polaires; la zibeline s'accouple en janvier; l'hermine, en mars; le glouton, au commencement et à la fin de l'hiver. Les animaux domestiques ont souvent plusieurs saisons: pour le chien, le chat, les oiseaux privés, c'est le printemps et c'est l'automne. On trouve en tout temps des jeunes loutres. La plupart des insectes meurent après la pariade; mais non tous les hémiptères, ni l'abeille mère, ni certains coléoptères, ni certaines mouches. Le cerf et l'étalon s'épuisent, mais non pas le bélier, ni le taureau, ni le bouc. La durée de la portée, chez les placentaires, semble dans une certaine relation avec le volume de l'animal: jument, onze à douze mois; ânesse, douze mois et demi; vache, biche, neuf mois; brebis, chèvre, louve, renarde, cinq mois; truie, quatre mois; chienne, deux mois; chatte, six semaines; lapine, un mois.

Il y a des singularités: fécondée en août, la chevrette ne met bas que sept mois et demi plus tard, la croissance de l'embryon restant longtemps stationnaire, pour recommencer au printemps. Chez la chauve-souris, l'ovulation n'a lieu qu'à la fin de l'hiver, bien qu'elle ait reçu le mâle à l'automne: les femelles que l'on prend, pendant l'hibernation, ont le vagin gonflé d'un sperme inerte qui n'agira qu'au réveil printanier.

[1] Pour ces deux observations, cf. Fabre, Souvenirs, tome II: Cérocomes, mylabres et zonitis.

[2] Milton et Cheaddle. De l'Atlantique au Pacifique, p. 171 de la traduction française.

[3] L'un n'a pas de nom prononçable; les savants le désignent par cet assemblage de lettres: Ptilinorhynches. L'autre est appelé joliment par les sauvages le Jardinier.

[4] Le titre de son étude est déjà très curieux: Les cabanes et les jardins de l'Amblyornis (Annales du Musée d'histoire naturelle de Gênes, 1876).


[CHAPITRE XVI]

LA POLYGAMIE