«—Ah! dit la vieille bretonne (qui conserva toujours la candeur et la coiffe de Trèg), des jeunes gens vont venir saluer le Maître, faut-il...
«—Les recevoir? Oui, j'aime la jeunesse (hup!)... Oh! les jeunes gens, ils sont si amusants (hup!)... Ah! ma bonne Anne, si amusants (hup!)... Ils sont sincères! (hup!)...»
(La vieille, attendrie, essuyait la salive, qui découlait, telle qu'un sirop, par le coin des lèvres sucrées.)
II
A Bernard Lazare.
Il faisait un temps blond et bleu, un temps de Sainte-Enfance abandonnée (ou coupable).
Les Sénateurs rêveurs, les Sénateurs du Saint-Empire prussien considéraient les dos brodés de leurs cochers, et l'âme de ces bons vieillards se brodait à l'unisson d'aigles rouges et de lilas futurs.
Alors, il y eut des Sénateurs français qui passèrent, pas beaucoup. Ils avaient l'air humanitaire et stérile, et leur âme était si peu brodée que c'en était pénible.
Ils mangèrent tous ensemble pendant deux heures et demie, en parlant des autres,—de ceux qui ne mangent pas du tout.
Cependant, tout cela, c'était du pur symbole: il fallait agir. On changea de marque: le nouveau champagne activa les consciences et les Sénateurs se mirent à penser, et même un des honorables Français, pensant trop, éclata (son bouillon de culture se peuplait d'une infinité de microbes spirituels et sempiternels—et rien ne résiste à leur expansion, pas même une peau de crocodile): il pensait à tout, à mil huit cent quarante-huit, à la pureté de sa vie, à des fesses artistiques et célèbres.