—Tiens, là,—et au contact indicateur elle s'ennuyait déjà moins,—entre les jambes divines de l'Infini, c'est la demeure des bonnes amoureuses.

—Je ne comprends pas.

—Voyons, figure-toi des organes immenses, et tu te promènes, tu respires des odeurs de rut, tu te roules dans la neige des germes, tu cueilles des fleurs phalliques, l'herbe est douce et crêpelée, les désirs, comme des aromates, sont vaporisés dans l'air et le vent chante des vers d'amour...

—Et tu seras avec moi?

—Eternellement!

—Oui, mais tout ça n'est pas vrai.

—Oh! enfant, tout est vrai. Crois,—et crois aussi quand je te dirai le contraire de ceci, car il n'est pas nécessaire de croire toujours la même chose. La route ne traverse pas d'identiques paysages. Soyons successivement dupes des perspectives qui violentent nos yeux: c'est le moyen de ne pas s'ennuyer.

—Après?

—Si tu étais une chaste vierge, je te prometterais d'attachantes fonctions. Tu résiderais dans les reins de l'insigne Hermaphrodite et là, tu veillerais à ce que les vaisseaux spermatiques n'enlevassent pas au sang, pour d'abusifs coïts, toute son essence et toute sa vitalité.

—Est-ce fini?