«Vous qui parlez d'un ton si doux
En m'annonçant de bonnes choses,
Ma Dame, qui donc êtes-vous?
VERLAINE, Sagesse.»
—Oui, Guido bien-aimé, c'est la Reine des anges, l'archangélique Vierge, l'Étoile du matin, la Tour davidique, la Maison dorée, je suis…
—Oh! non, tu es la Novella, ne m'intimide pas, j'ai précisément besoin de toute ma présence d'esprit.
—Enfin, ce que tu voudras, mais je t'aime. Ferme les yeux, je suis l'inviolée et je me sens rougir. Que vas-tu penser de moi? Hélas! il est bien vrai qu'on ne m'a jamais implorée en vain. Je ne puis résister aux invocations de l'amour, et quand on m'appelle avec foi, j'ouvre la porte du ciel, et un ange m'enlève sur ses ailes.
—Madone adorée, murmura Guido en baisant les pieds purs comme de la rosée, je suis indigne de tes grâces et vois, mes baisers sont pleins de larmes. Vierge de tout amour, mon amour n'était qu'une goutte d'eau, et tu l'as recueillie dans le lys sacré né de ton cœur, sois bénie pour cette complaisance.
La Novella se baissa vers le prisonnier et de ses lèvres lui toucha le front.
Elle ôta sa couronne d'étoiles: les étoiles s'envolèrent vers le plafond et en firent un firmament.
La boucle de sa ceinture se suspendit en l'air comme un soleil et l'agrafe de son manteau devint pareille à la lune des blanches nuits.
Elle eut un grand soupir, et de ses lèvres naquit un nuage qui voila d'un charme indécis l'éclat rayonnant des astres, puis elle dit: