—N'importe où.

—Une promenade un peu triste?

—Si vous en êtes, elle ne le sera pas.

—Nous la devons, oui, nous la lui devons bien.

—De qui parlez-vous, Thérèse?

—Vous verrez! Mère, vous acceptez?

Pour toute réponse, madame Maldonne se leva, et alla prendre son chapeau. Où allait-elle? Peu lui importait. Elle accueillait comme une grâce toute occasion de suivre et de sentir encore à ses côtés l'enfant qu'elle allait perdre. L'adieu pleurait en elle, goutte à goutte et toujours. Mais elle n'en disait rien: ce sont là de ces chagrins qu'on doit taire, parce qu'ils viennent du bonheur des autres. Elle se leva donc, et tous trois sortirent de l'enclos, dans la direction de la ville.

A mi-chemin, ils s'enfoncèrent dans un sentier de banlieue qu'emplissait la senteur chaude des primevères. Thérèse avait son but, qu'elle n'avouait pas encore. Elle était moins expansive et moins rayonnante que de coutume. Madame Maldonne enveloppait ses deux enfants d'un regard attendri, contente d'avoir sa place et de jeter son mot dans la conversation tranquille et lente qui s'échangeait entre eux.

Brusquement, à un détour, de longs murs se dressèrent, avec des sapins et des ifs pointant par-dessus.

—Je comprends, dit Claude en remerciant Thérèse du regard, c'est une jolie pensée.