—Voici l'objet, dit-il. Il est adressé à M. Claude Revel, aux Pépinières.

—Est-ce possible? fit Thérèse en riant. Vous voyez, Claude, on nous croit mariés. C'est peut-être un présent?

—D'où vient-il? demanda Claude.

—Ma foi, dit M. Maldonne, bien fin qui le devinera: toutes les étiquettes sont tombées dans le voyage.

Thérèse, qui s'était penchée, saisit quelques brins d'herbes, entre deux mailles de l'osier, et dit, en devenant toute rose d'émotion:

—Cela vient d'Afrique. Voici de l'alfa.

Une même pensée, à ce nom qui évoquait tant de souvenirs, assombrit le petit cercle rangé autour de la table.

—Puisque cela m'est adressé, dit Claude, c'est à vous d'ouvrir, Thérèse.

Légèrement, en trois coups de canif, Thérèse brisa les liens qui attachaient le couvercle, et le souleva. Elle écarta de la main une jonchée d'herbes sèches. Des plumes apparurent, des plumes couleur de ciel.

—La sarcelle bleue! s'écria M. Maldonne. Et splendide! Et intacte!