—Mon cher monsieur, il n'y a rien à réparer dans mon affaire, répondit Claude. Il s'agit de moi, qui me suis mis en tête d'aimer une jeune fille.

M. Lofficial s'arrêta court. Un bon sourire illumina sa face ronde.

—Ça change mes habitudes, dit-il, voyons quand même. Mais d'abord, puisqu'il s'agit de vous, je m'en vais descendre.

Avec plus d'agilité qu'on n'eût pu lui en supposer, il passa sa grosse jambe par-dessus le pignon des montants, descendit, saisit l'échelle, et la porta le long du mur.

—Tout à vous, maintenant, dit-il en revenant, les mains tendues vers le jeune homme. Allons au fond du jardin. Nous y serons mieux. Vous avez donc une amourette?

—Mieux que cela, mon voisin, un grand amour.

—J'entends, mais au début, je pensais qu'on pouvait employer le diminutif. Comme vous y allez! Et elle se nomme?

Ils s'assirent côte à côte, sur un banc à dos renversé, derrière une touffe d'arbousiers.

—Thérèse Maldonne.

—Ah! cher ami! s'écria M. Lofficial en reprenant les mains de Claude, qu'il serra et secoua dans les siennes, tandis que ses fortes lèvres s'arrondissaient de surprise et d'admiration, cher ami, quelle perle! Comment l'avez-vous découverte, elle qui sort si peu?