—Autant qu'il le peut.

Claude leva les épaules.

—Qu'importe ce monsieur? ajouta-t-il vivement. Je puis me passer de son consentement! Et sa mauvaise humeur, si elle est tout l'obstacle...

—Il importe beaucoup, au contraire, interrompit M. Lofficial, les yeux levés vers la maison en face, comptant les fenêtres l'une après l'autre. Si M. de Kérédol se jette à la traverse, vous comprenez, un ami de vingt-cinq ans, logeant sous le même toit...

—Mais enfin, monsieur, de quoi m'en voudrait-il?

Visiblement embarrassé, M. Lofficial baissa la tête vers la terre, et se mit à pousser, du bout du pied, le sable qu'il entassait par petits monticules. Enfin, écrasant son œuvre sous son large brodequin:

—De rien, en effet, mon cher enfant, dit-il; c'est un homme d'honneur et, dès lors, incapable d'une opposition déloyale. Laissons-le, occupons-nous des moyens de vous rendre agréable aux parents de Thérèse et à Thérèse elle-même. C'est le premier point. Y avez-vous songé?

—Oui, sans rien découvrir. J'ai pensé que vous seriez plus heureux que moi. Vous connaissez de longue date les Maldonne.

—Assez pour bien savoir, mon ami, que si vous agissez avec Maldonne comme vous agiriez avec un autre, vous ne réussirez pas. Sa fille est encore très jeune. Il ne se laissera pas tenter par la fortune. Il faut que vous lui plaisiez, qu'il ait pour vous une sympathie prononcée.

—Comment faire? Il ne reçoit pas chez lui. M. de Kérédol l'en empêche.