—Il vient de faire la partie avec le curé... Les riches, ça a toujours du temps à perdre.
La chaleur passait sur la campagne, par bouffées étouffantes et qui sentaient le foin. La poussière, sur le chemin, s'élevait en tourbillons. Un nuage d'orage, tout blanc avec des transparences de cuivre, avançait, par écroulements successifs, ses hautes tours au-dessus des bois. Michel regagnait son château. La fatigue l'accablait. Mais, pour la première fois depuis des années, il avait en lui la paix.
VIII
LA QUÊTE DE L'ABBÉ ROUBIAUX
Les gens de Fonteneilles s'entretenaient de la vente qui devait avoir lieu à l'Épine, le dimanche 22 juillet. Une affiche, collée sur les murs de la mairie, annonçait cette vente «volontaire», et énumérait les objets qui seraient adjugés à la criée.
Depuis qu'elle était là, Gilbert passait au large. Il ne se montrait plus dans le bourg à cause de cette feuille de papier rouge; il faisait la moisson dans une ferme éloignée, et ne revenait guère que le samedi dans sa maison du Pas-du-Loup, évitant de rencontrer ses amis d'autrefois, prenant les sentiers au lieu des chemins, honteux et irrité d'avoir pour enfants des faillis.
L'abbé Roubiaux, appelé par sa mère malade, avait quitté sa paroisse avant de commencer la quête qu'il avait promis de faire, et, revenu à Fonteneilles, il remettait de jour en jour cette corvée qui l'inquiétait.
Le 19 juillet, quand le soleil se leva, l'atmosphère était chaude et toute chargée encore de la poussière de la veille. Depuis six semaines, la terre souffrait de sécheresse. Les feuilles pendaient, molles, le long des branches; le brillant de l'herbe avait passé; les épis laissaient tomber le grain, et les hommes suffoquaient en se courbant sur les blés.
Le travail de la moisson était donc plus rude que de coutume pour les coupeurs d'avoine et de froment, et, selon toute apparence, il donnerait peu de profit.