—Tous, répondit Michel.
Les hommes s'avançaient, criant ou muets, levant leur chapeau ou restant couverts.
Le jeune homme les nommait à mesure: Lampoignant, Trépard, Dixneuf, Bélisaire Paradis, Supiat, Gilbert Cloquet,—celui-là détournait la tête vers l'autre côté du bois, et saluait quand même,—Fontroubade, Méchin, Padovan, Durgé, Gandhon...
—Gandhon? mais, je le connais moi aussi! C'est un de mes cavaliers d'il y a cinq ans! Tu vas voir ce que je sais en faire! Gandhon?
De la bande un homme se détacha, un grand roux aux yeux rieurs et mobiles, qui avait, malgré le froid, les poignets de sa chemise relevés jusqu'au-dessus du coude et sa veste attachée au cou par un bouton et flottant en arrière.
—C'est bien toi, Gandhon, le cavalier de 1re classe du 3e escadron, à Vincennes, hein, je te reconnais?
En approchant, l'homme s'était découvert.
—Oui, mon général.
—A la bonne heure, tu ne restes pas coiffé comme ces malappris qui passent devant moi comme devant une borne. Tu es donc devenu amateur de grèves?
—Non, je sommes pas en grève, pour le moment.