—Voilà l'église, dit-il, la maison n'est pas loin.
A ce moment, les trois hommes qui venaient et qui allaient dépasser Hourmel s'arrêtèrent, et l'un d'eux dit:
—Ah! c'est toi, vieux? Tu n'as pas besoin de dire où tu vas: j'y vais aussi!
C'étaient trois ouvriers de la région, deux métallurgistes de la Louvière et un wattman de tramway. Ils avaient une petite valise ou un sac à la main. Après les avoir nommés, Hourmel désigna son compagnon:
—Un Français de mes amis, qui vient voir comment ça se passe, chez nous.
—C'est pas secret! répondit le wattman en riant.
Quelques pas plus loin, ils furent rejoints par quatre mineurs du Borinage, qui arrivaient de l'autre côté de la colline. La route commençait à descendre. A gauche, dans le mur qui suivait la pente, un large portail était ouvert à deux battants. Les Belges entrèrent en peloton, comme chez eux, sans attendre, encadrant Gilbert Cloquet qui regardait curieusement. Il se trouvait dans un jardin montant. Une allée sablée tournait autour d'une pelouse ronde. Au delà, il y avait, barrant le jardin, un grand château de pierre blanche, à double étage. Au bas du perron, des ombres s'agitaient,—sans doute des arrivants,—et en haut, une autre ombre tenait à bout de bras une lampe que le vent faisait fumer terriblement.
—Par ici, Chermant!... Ah! vous voilà, Henin, et vous, Derdael! Bonjour! Il fait froid, hein? Entrez vite...
—Qui est celui-là, qui éclaire? demanda Gilbert.
—Un Père jésuite: c'est eux qui prêchent ici.