»—Viens, que je te raconte tout!

»Nous avons causé et pleuré jusqu'à deux heures du matin. Et, maintenant, je n'ai plus de père, plus de mère, plus de nom à moi, et plus de fiancé.»

III
LE NUMÉRO 149 007

A huit heures, Evelyne était debout. Elle avait fait son lit, balayé la chambre, et mis à chauffer le lait que le laitier, à sept heures et demie, tous les matins, déposait sur le paillasson de la porte, dans un flacon cacheté, scellé avec une étiquette bleue: «Grand lait du château de Perray.»

Elle apportait les deux tasses sur un plateau, dans la chambre de madame Gimel.

—Merci, ma petite... Ne te presse pas. Tu as tout le temps. Là, pose le plateau sur le guéridon. Va chercher le croissant... Bien... Pourquoi as-tu mis ta robe noire, et ta cravate noire? Tu as l'air...

—En deuil. C'est ce que je veux.

—Oui, ma pauvre mignonne. Mais que diront-elles, à la banque, les dactys?

—Je n'y vais pas.