»Lui, il a quitté le bras de madame Morand, il a monté jusqu'à moi, et, avec ma permission, il m'a embrassée, et de tout son cœur, je vous en réponds. Puis, il a dit:

»—Vous êtes ma fiancée: à présent, venez causer de l'avenir.

»Nous avons passé une partie de la matinée dans le salon, tous trois, et le reste dans la campagne, tous deux, autour du Haut-Clos. Louis voulait me montrer les coins du pays où sont encore au gîte, comme il dit, tous les souvenirs de sa jeunesse. Nous étions, et nous sommes très heureux. Nous avons causé de tant de choses qu'il me faudrait un vrai travail, très doux, mais trop long pour une lettre, si j'essayais seulement de les énumérer. Il faisait clair; toutes les bandes de cultures coulaient autour de nous, sur les pentes, et remuaient au vent, comme un flot de rubans neufs. Louis me demandait:

»—Vous aimez la campagne?

»—Je ne la connais pas.

»—Moi, je l'adore. Si j'y reviens, vous l'aimerez?

»—Je vous aime, et partout ce sera de même...

»Madame Morand, à qui nous avons rapporté le dialogue, a pris un air un peu triste, et elle a déclaré:

»—Depuis le temps qu'on se dit ces douceurs-là, et qu'elles font vivre le monde!

»Oh! oui, vivre! Je me sens vivante, et, moi qui ne tenais pas aux heures, je tiens aux minutes. J'ai dit, à mon tour: