Encore ces attaques, encore cet «on» qui désignait une seule et même personne, et qui revenait sans cesse dans les conversations de madame L'Héréec! Simone le redoutait, ce pronom méchant. Elle souffrait d'être invoquée comme juge, sans cesse, contre son père.
—Comment pouvez-vous supposer cela? dit-elle douloureusement.
—Mais je ne le suppose pas: je l'ai éprouvé. Ce sont des faits. En as-tu de contraires?
Sa voix était devenue provocante, comme elle devait l'être dans les discussions d'autrefois, comme si, derrière Simone, il y avait eu le mari.
—Mon Dieu! maman, dit Simone, vous n'avez eu besoin de personne, grâce à votre activité, grâce à votre adresse. Il n'est pas étonnant que personne ne soit venu à votre aide. Mais des preuves d'intérêt, j'en ai eu.
—Toi? Lesquelles? Je serais curieuse...
—L'accueil que je recevais, quand j'allais passer les vacances à Lannion.
—Et il y a de cela combien d'années?
—Cinq ans, dit plus bas Simone.
—Bientôt six, ma chère. C'est-à-dire que ton père, après avoir usé de son droit au début,—il le faisait sonner assez haut, son droit de t'avoir au mois de septembre!—s'est lassé de toi. Ton dernier séjour à Lannion date de ta neuvième année. Tu as quinze ans. Je ne trouve pas, pour ma part, que l'intérêt soit vif.