—Maman, il ne faut pas me démentir. Je vous suis si reconnaissante d'avoir consenti! Oui, grand-père, je suis très heureuse d'être ici. Je m'y reconnais!

—Oh! petite, ça n'est guère possible!

—Parfaitement, et je me souviens encore des deux jolis bricks de la chambre, là-haut!... Je vois bien que vous me prenez pour une demoiselle. Mais je n'en suis pas une, allez! Pour vous le prouver, si tante Marie-Anne veut me garder avec elle, je l'aiderai à préparer le dîner.

Elle avait déjà tiré l'épingle qui tenait son chapeau, et accroché le feutre à la dent d'une ancre pendue au mur.

Le capitaine la suivit du regard, content, au fond, de cette franchise et de cette décision, se demandant: «Qu'est-ce que c'est que celle-là?»

—Comme il te plaira, répondit-il. Marie-Anne devient lourde, la pauvre, et un peu d'aide ne lui fera pas de mal. Toi, Corentine, viens là-haut, que je te montre ta chambre.

Ils s'engagèrent, le capitaine précédant sa fille, dans l'escalier de bois à petits paliers, bordé de colonnes torses, vieille relique bretonne de cette vieille maison.

—Vous excuserez Simone, mon père, dit madame Corentine à voix basse: c'est un peu une enfant gâtée... toute seule avec moi... vous comprenez...

—Gâtée? Ma foi, je n'en sais rien encore, repartit tout haut le marin, qui se sentait porté à défendre sa petite-fille; non, ce qu'elle a dit n'est pas mal du tout. Seulement elle n'a pas pris de ton côté, voilà!

—Je crois, en effet...