—Capables de tout, je veux bien, dit-il. Mais elle, ta fille, tu ne la connais pas!

—Allons donc!

—Non, tu ne la connais pas! Si elle te dit qu'elle reviendra, tu peux avoir confiance, elle reviendra, et elle t'en aimera mieux, de ne pas l'avoir traitée comme une enfant qu'elle n'est plus.

—Et s'ils la chassent? dit-elle, mobile comme toujours, et sans voir la contradiction.

—Je serai là, moi, Corentine, pour te la ramener. Et alors, jamais je ne demanderai plus rien. Je te le promets. Mais, essaye encore, dis, essaye par notre Simone, qui ne saura pas tout, mais qui devinera, s'il le faut, et qui peut-être, peut-être...

Sa voix se fit un peu tremblante:

—Tiens, Corentine, fais-le pour moi, qui ai toujours regretté ton mari!

Et telle était la fatigue morale et physique de Corentine, telle aussi la supplication douloureuse du père, que la jeune femme baissa la tête, et dit:

—Je ne sais plus ce que je veux. Faites ce que vous voudrez: je la laisserai.