— Certainement!…

— Ça y est! Vous ne pouvez pas vous taire.

— Mais, je suis fière d'avoir un amant et d'être heureuse ; je voudrais le crier de ma fenêtre!

— Vous n'êtes qu'une enfant. Votre mari ne venait pas chez vous pour jouer ; il venait vous chercher ou trouver les bases d'une séparation. Ce n'est pas un homme à demeurer dans le vague.

— Eh bien! il aura trouvé des bases, comme vous dites. Je n'habite pas non plus, moi, dans le vague. J'ai tout rejeté de ce qui était hier ; j'appartiens à un homme que j'adore. Je t'adore!

— Hélas! dit Jean-Marie, toute la vie n'est pas là!

— Où est-elle donc!

C'était à cette différence de points de vue qu'ils en venaient toujours. Et, quand ils s'étaient heurtés contre la borne, ils n'ajoutaient plus un mot. Les caresses et les seuls mots d'amour emplissaient le temps qu'il leur restait à passer côte à côte, lui résigné, avec une nuance de pitié, à ne jamais causer, ce qu'il appelait « sérieusement », avec Élise ; elle, passionnément convaincue que rien d'autre n'importait que ce temps consacré à l'unique amour.

VIII

A l'heure où Élise avait, la veille, rencontré son mari, et au même lieu, elle fut tout à coup nez à nez avec sa sœur Marie, madame de Vamiraud. Le fait était à prévoir, pour peu qu'Élise eût consenti à réfléchir aux suites logiques de la visite de M. Destroyer. Mais Élise ne réfléchissait pas à cela, et voyant sa sœur, elle eut une surprise, après tout, non désagréable. Et tandis qu'elle montait l'escalier derrière sa sœur, elle se demanda même : « Pourquoi ai-je presque du plaisir à la voir, alors que cette femme, autrefois, m'a tant exaspérée? »