[F] La Touraine, p. 99-101.

[G] L’Enfant à la Balustrade, p. 385-386.

[H] La Touraine, p. 92-94.

[I] La Touraine, p. 94-96.

[J] «Plus nous avançons dans la lecture des Essais, plus nous nous éloignons des exercices un peu rhétoriques du début, plus nous voyons Montaigne soucieux non seulement de se définir, mais encore de se classer: son moi ne remplit pas le cadre, il y a de l’espace autour de lui dans ce noble tableau où tient Épaminondas.» (Ramon Fernandez, Messages p. 155.)

[K] Le besoin d’être jugé, besoin français s’il en est, proche parent du besoin de se juger, qu’il ne faut cependant pas tout à fait confondre avec lui,—le besoin de se juger appartenant en commun, en tout pays et en tout temps, aux hommes qui comptent; le besoin d’être jugé plus particulier, lui, à ceux de notre race,—que le Français y soit porté par l’instinct social si développé en lui, et qui souvent l’incline à un respect du «social» comme tel; ou que, plus profondément, en vertu tout ensemble et de son courage intellectuel et d’un certain scepticisme foncier quand un jugement que l’on peut former sur soi, il tende à révoquer en doute ce jugement tant qu’il n’est pas contresigné par autrui.—Quoi qu’il en soit, ce besoin d’être jugé, Boylesve l’éprouvait au maximum (et en ce sens le fragment de Feuilles tombées que j’ai cité tout à l’heure: «J’aime mieux la forme des choses qu’un visage: elle sait me plaire et elle ne me juge point», s’il correspond à l’état d’exaltation solitaire, n’exprime pas et même trahit l’ossature de sa pensée normale). C’est en fonction de ce besoin d’être jugé que s’explique et que se légitime la considération dans laquelle Boylesve tenait, et voulait que l’on tînt, les manifestations de l’opinion publique. Dans nos longs tête-à-tête, c’était là le sujet où nous prenions parfois ces «positions opposées ou simplement différentes» auxquelles j’ai fait allusion,—le point où il m’était plus facile de le comprendre que de le suivre; mais c’est que je n’avais pas encore su voir dans cette considération pour l’opinion publique ce que trop tard j’y aperçois aujourd’hui: la pointe, la dentelure héroïque du besoin d’être jugé.—A cet égard, comme à maints autres (Mon Amour ne s’inscrit-il pas, en regard de Dominique, comme l’autre volet d’un idéal dyptique?), Boylesve rappelle Fromentin—à qui du reste il ressemblait, au témoignage de Madame Vaudoyer qui avait connu Fromentin, et que frappait à nouveau cette ressemblance tandis que nous regardions ensemble le portrait de Fromentin par Ricard. Dans le chapitre—qui est sans doute le chef-d’œuvre des Maîtres d’autrefois,—le chapitre sur Ruysdaël, ayant à parler du peintre le plus près de son cœur, Fromentin commence par faire à l’opinion publique des concessions si étendues que d’abord il semble que l’on ne voie clairement que les manques de Ruysdaël; mais c’est afin—à la faveur de ces concessions mêmes—d’obtenir gain de cause en ce qui concerne l’intime, l’irremplaçable de son génie. Sans cesse, dans ses jugements, dans ses propos et jusque dans son attitude, Boylesve procédait de la sorte. Abandonner l’inessentiel pour ne jamais transiger sur le noyau: se replier mais pour tenir, là aussi il y a—non plus la pointe ou la dentelure—mais le retrait héroïque d’un autre besoin: celui de sauver l’enjeu central de la partie, de sauver la citadelle.

[L] «Quelle est donc la vertu singulière de l’angoisse chrétienne, pour qu’elle communique à tous les grands esprits qui en sont touchés je ne sais quelle beauté et quelle magnanimité d’âme, ou quelle passion enfin, que n’ont pas tout de même un Socrate, un Montaigne, un Gœthe!»

(Feuilles tombées.)

[M] Mᵐᵉ René Boylesve.

[N] Il s’agit du Bel avenir.