—Retire-toi, un instant, dit-elle; on s'expliquera plus tard: elle est si malade!

Il sort, en disant:

—Je vais prendre un peu l'air.

Alors, Félicie s'assied; elle allonge sur la nappe sa main encore gantée. Dans le cadre noir de la capote nouée sous le menton, sa tête semble rognée, grattée, réduite aux dimensions d'une bille de billard. Le crâne pousse la peau du front en avant, la tend, à craquer; les tempes sont vidées; les joues sont flasques comme du linge de lessive; les yeux—ce qui n'échappe à personne—ont perdu leur éclat. Une pitié insurmontable nous saisit; on surprend dans les gorges le petit ronflement étouffé qui annonce la montée des larmes.

C'est elle qui parle la première:

—Le petit n'a pas été malade?

—Mais non, mais non!… Et toi, ta santé?… Comment se fait-il?…

—Moi? Je suis condamnée, je viens mourir dans mon lit.

Tous protestent. Ils mentent d'un même élan. Elle reprend:

—J'ai vu le médecin. Opération urgente. Tout était prêt. Ce matin, j'ai reçu par la poste une affiche de mise en vente. J'ai pris le train.