—Des clercs?… Oui et non!… Si c'était un effet de votre bonté, j'irais vous expliquer cela un peu plus loin des yeux et des oreilles…
—Venez donc, dit Loys.
Gilles régla son écot et, enrichi de la considération de l'aubergiste et de ses clients, à cause des belles relations qu'il avait, il s'en alla, sous un orme, rejoindre le fils du conseiller au Parlement, lequel avait mis, s'il vous plaît, pied à terre.
Gilles lui demanda de jurer sur le Sacrement qu'il ne dévoilerait à qui que ce soit, même en confession, le secret qu'il allait lui confier; et, avant de lui donner à lire ses deux lettres, il lui narra toute l'histoire de l'infortuné Frère Ildebert.
Le bûcheron, qui était sans malignité, et qui croyait ne s'adresser qu'à un puissant personnage capable de faire élargir le prisonnier, ne se doutait pas que le fils du conseiller Périnelle, élève des deux Dames et versé en toute science dès son jeune âge, mais «retiré à temps», selon la parole même du prémontré, portait un intérêt particulier à toutes les choses qui troublaient la cervelle d'Ildebert. Loys promit d'aller lui-même visiter le prisonnier aussitôt après la messe, et, ou de le faire rentrer au couvent, dit-il, ou bien d'y perdre lui-même son latin.
L'aventure le toucha si fort qu'il en allait oublier les lettres. Il les lut vite, pendant que le premier coup de l'office tintait à l'église métropolitaine. Et il dit à Gilles:
—Mais comment avez-vous reçu cela?
Gilles mit un doigt sur sa bouche:
—Je vous le dirais bien; mais ça n'est pas croyable.
Le jeune homme incomplètement initié aux sciences professées dans les
Pavillons s'écria: