Ayant dit ces mots, la fée Malice disparut beaucoup trop tôt, au gré de tous, car nul, parmi les gens présents, n'avait vu jusqu'ici une figure si admirable, ni entendu de paroles si suavement prononcées.

Alors un des bûcherons, qui était du cortège, fit mine de vouloir retourner, sans plus tarder, vers les cabanes, car il était anxieux de connaître la surprise qu'avait promise la fée. On l'arrêta par le fond de son pantalon, en lui faisant observer que la surprise n'était pas pour lui et que, s'il n'assistait pas comme tout le monde au baptême, la Fée serait bien capable de lui poser une taie sur les deux yeux.

Il suivit donc les autres, pas à pas, mais en grommelant; et au bout d'une heure de marche, ayant ruminé dans son esprit de bûcheron, il dit à ses compagnons qui s'entretenaient de l'événement:

—Et alors, vous y croyez, vous?

—A quoi? firent-ils tous, hommes et femmes.

—Mais, à la fée.

—Le farceur! et il voulait retourner sur ses pas pour ne point la perdre!

—Je voulais retourner boire un coup, faute de quoi je me sens capable d'avoir encore des visions comme une fillette aux pâles couleurs…

Les autres bûcherons furent choqués de son impertinence, mais ce n'est jamais en vain que l'on entend émettre une idée, si mauvaise soit-elle, et principalement une qui tend à détruire quelque chose.

Un autre bûcheron dit: