—Allons! est-ce que tu vas te permettre de raisonner, à présent?... A-t-on jamais vu?... Est-ce que c'est cela qu'on vous enseigne au Sacré-Cœur?... Ta mère, mon enfant, sache-le, ne s'est jamais permis une observation!... "Plaire!... plaire!..." Je vous demande un peu!... Sans doute, il arrive un moment où une jeune fille doit plaire, c'est lorsqu'elle est en âge de se marier, ce qui n'est pas ton cas; encore est-il suffisant qu'elle plaise à celui qui sera son mari!...

—Ah! oui, mais cet oiseau-là, comment le connaît-on?...

Maman ne pouvait s'empêcher de rire quand je discutais comme cela avec sa mère, parce que je disais ce qu'elle avait sans doute eu, bien des fois, envie de dire; mais, de son temps, c'était impossible. Et alors c'était contre elle que grand'mère se retournait, puis elle me disait:

—Tu vois, tu vois ce dont tu es cause: c'est ta mère qui paie pour ton incroyable audace!...

Et elle soupirait douloureusement, la chère bonne femme. Pour elle, avec mes "observations," c'était la société, le pays tout entier qui "fichait le camp."

Ces messieurs ne me firent pas de compliments sur mon jeune talent de pianiste; à la vérité même, ils me firent honte: j'avais quinze ans passés, que diable! Mais ils étaient d'accord pour me trouver des dispositions très particulières.

—Quel est donc votre professeur, là-bas?

—Mais, c'est Mme de Saint-Jean-d'Angély!

—Eh bien! Mme de Saint-Jean-d'Angély s'entend à professer le piano comme un savetier!—s'écria M. Vaufrenard qui perdait complètement le sens de la mesure dès qu'il s'agissait de musique.

Il interpella grand'mère.