Une demi-heure après, nous montions en voiture, suivions la route qui longe la Vienne jusqu'à son confluent avec la Loire, à Montsoreau, et nous arrêtions là, sur la pente du coteau où tournent les ailes de moulins à vent, non loin des ruines du château célèbre, en face d'un fleuve de sable et d'eaux languides, pour visiter une maison du temps d'Henri IV: «Les Girouettes, à vendre ou à louer, avec clos et cellier.»

La maison nous ravit; le prix qu'on en demandait était modeste. Nous revînmes le lendemain à Montsoreau pour voir maître Camus, le notaire. Il nous énuméra les «joignants»: au nord, Baillavoine (Jean-Nicolas); à l'est, Arnault (Adolphe), dit le Boitoux; au sud et à l'ouest, Quinqueton (Pierre-Prosper).

—Quinqueton, Pierre-Prosper?

—Oui, monsieur.

—N'est-ce pas monsieur Quinqueton, de Vendôme?

—Lui-même, le juge de paix.

—C'est bien cela… Ah! par exemple! c'est comique… Ce bon monsieur Quinqueton!… Et moi qui ne pensais pas à lui! Mais, en effet, nous sommes en plein Saumurois!… Et comment va-t-il?

Le notaire pinça les lèvres pour comprimer un sourire à ma question familière.

—Monsieur, dit-il, je ne saurais vous dire.

—Ah! pardon! vous n'êtes peut-être pas le notaire de monsieur Quinqueton?