—J’ai un contrat en bonne forme. L’essentiel, toutefois, dans nos boîtes, est, je l’avoue, de s’imposer...

—J’approuve ta prudence.

En passant le long d’un grand mur bariolé d’affiches, Prosper me dit:

—Regarde.

Et, de la canne, il m’indiquait un médaillon entre vingt autres inégaux et agglomérés comme les yeux d’un bouillon. Le médaillon, de taille moyenne, contenait des traits que j’eus du mal à reconnaître, mais une banderole portait le nom de Tristan de Mélisande.

—Tu vois, dit Prosper, je ne te mens pas.

Nous arrivâmes à la maison du juge de paix. Mᵐᵉ Pacaud vint nous ouvrir. Elle semblait fort tranquillisée; elle regardait Prosper comme au temps où elle admirait son intrépidité; par contre, il me parut qu’elle ne m’envisageait pas d’un bon œil. Était-ce qu’elle avait honte de n’avoir pu tenir sa langue?

—Eh bien, madame Pacaud, comment cela va-t-il?

—Mais... tout va très bien! me dit-elle.

Le ton m’en disait plus que n’eussent fait de nombreuses paroles: elle me reprochait de ne lui avoir point embelli la situation, lors de son voyage dans le Saumurois, tandis que Prosper, en moins d’une heure, avait retourné les visages comme un gant et vaporisé dans la maison l’optimisme et l’espérance.