—Alors, disais-je à Prosper, tu y as été, toi, dans les propriétés du Saumurois?
—Si j’y ai été!...
—Fais voir combien c’est grand.
Nous étions sur une promenade publique que l’on nomme à Vendôme «la Montagne» parce qu’elle est située sur une éminence d’où l’on domine agréablement la ville et les environs.
Prosper embrassait l’horizon du regard et faisait la girouette avec son bras tendu:
—C’est plus grand que tout ça!
—Oh! mais tu es archimillionnaire?
—Pourquoi?
—Parce que ton père dit que c’est tout vignes. Ça doit rapporter. Papa en a, lui, trois carrés grands comme le toit de la sous-préfecture; il en tire, «bon an, mal an», deux mille francs. Calcule!... Et puis, écoute-moi, mon vieux, ce que tu me dis là, ça n’est pas possible, parce que la vigne, c’est sur des coteaux, c’est penché: il peut y en avoir long, mais il n’y en a jamais si large que ça.
—Oh! avec toi, il faut toujours voir les choses telles qu’elles sont. Tu es assommant!