—Vous y tenez? Je ne yeux pas vous contrarier… Après tout, c'est un petit jeu. Ma chère Cécile, je suppose, ou plutôt, il vous plaît que je suppose que vous m'avez offensé. Quelle mauvaise blague m'avez-vous pu faire? Cherchez!

—Oh! parbleu, je sais comment je vous aurai tarabusté: c'est en disant à quelqu'un—qui vous l'aura répété dans les vingt-quatre heures—que vous aviez une maîtresse trop jeune…

—Ce n'est pas cela. Le propos est bien, d'ailleurs. Je ne dis pas qu'il soit fondé; mais il est bien.

—Sapristoche! dit Cécile dépitée. Ce n'est pas cela?

Le peintre, installé à son chevalet, brossant déjà à force, disait:

—La tête inclinée légèrement, je vous prie; l'expression calme, un tantinet ingénue…

—Écoutez, Sannois, je ne vois qu'une chose qui ait pu vous froisser: vous aurez appris que c'est moi qui vous ai empêché de faire le portrait de Mrs Evans?

—Un modeste rapt de cinq mille dollars!… Allons, la bouche, s'il vous plaît! La bouche avec toute sa bonne grâce naturelle…

—C'est une folie, je le confesse: je lui ai fait dire par quelqu'un qui porte, que vous n'aviez pas pour deux liards de talent! Oui, oui, c'est rosse; mais j'étais jalouse; je voulais avoir mon portrait par vous, moi et pas elle. Ça peut vous flatter aussi…

—Je crois tenir la bouche, dit Sannois avec flegme; je vous la montrerai tout à l'heure… Il faut profiter d'un jour pareil. Votre visage s'éclaire d'une façon inespérée… L'affaire du portrait de Mrs Evans? Non; ce n'est pas cela.