Pierron revint le lendemain dans l'après-midi chez ses bons amis. Laure s'apprêtait à s'habiller.

—Comment! c'est vous, Pierron; vous n'avez pas la grippe?

—Non… J'étais précisément venu vous rassurer… Hubertin va bien?

—Hubertin n'est pas là, à cette heure-ci, voyons! Oh! il n'est pas un homme à s'inquiéter, allez! Voulez-vous que je lui téléphone à son bureau que vous n'avez pas la grippe et que vous êtes ici pendant que je m'habille?…

—On ne peut pas plus gracieusement me mettre dehors…

—Allons! ne vous fâchez pas, mon vieux Pierron. Ecoutez; j'ai un thé à six heures; je vais m'habiller; attendez-moi, nous sortirons ensemble et vous me jetterez avenue de l'Alma.

—C'est faisable.

Pendant que Pierron tournait les pouces dans le salon, il entendait, de l'autre côté de la porte refermée, les menus bruits de la toilette de Laure, depuis les observations brusques à la femme de chambre jusqu'au glissement répété du polissoir sur les ongles. Tout à coup, la porte était entr'ouverte, et un bras nu, un bras blanc, un bras plein et ferme, un bras magnifique, apparaissait, qui esquissait un geste apaisant.

—Vous impatientez pas; j'arrive.

—Ah! dit Pierron, si vous pouviez seulement, pour m'occuper, me laisser ça!…