La scène n'avait pas été sans produire quelque éclat, et des portes s'entr'ouvraient dans le corridor éclairé. On vit Robert, les cheveux trempés et lui ruisselant en mèches stupides sur les oreilles. On chuchotait, tout le long du couloir; on pouffait. Le malheureux eût voulu éviter plus que tous autres son beau-frère et sa sœur: ce fut sur eux qu'il tomba. Ils regagnaient, les derniers, leurs chambres. A cet aspect de lessive, le beau-frère eut tôt fait de deviner ce qui était advenu à Robert, et, comme sa femme allait s'attendrir, il lui fit:
—Ça y est!... J'attendais cela. Je vois que ça s'est bien passé.
—Mais, quoi donc?
—Ton frérot vient de prendre sa leçon de choses. Il ne suffit pas d'être «nouveau jeu», il faut connaître les règles du jeu nouveau. Maintenant, il les sait!...
[LES TROIS PERSONNES]
A Émile Henriot.
A la Potinière d'une ville d'eaux, entre midi et une heure, trois messieurs se trouvèrent pressés, et, comme ils causaient là, ventre à ventre, ils convinrent d'aller déjeuner ensemble.
Ils avaient passé la cinquantaine et modifié leur visage depuis peu, s'étant rasés à la manière des générations neuves et ayant rejeté vers l'occiput ce qu'il leur restait de cheveux grisonnants ou gris. Ils étaient nu-tête et en pantalon blanc.
Ils convinrent d'aller déjeuner près de là, sous les arbres de l'auberge à la mode, entre une verte pelouse de la largeur d'un mouchoir et un orchestre excellent. Les automobiles passaient, bruissaient, empestaient; le vent d'est secouait tentes et parasols et rabattait la nappe sur les assiettes. Les trois messieurs, en léger costume d'été, s'installèrent fermement.