—Dame! dit-elle.
La curiosité augmentait évidemment depuis qu'il s'était approché de Carlotta. Il fut saisi d'un mouvement de colère contre cette babauderie stupide, et, empoignant la fille par le bras, il la poussa rapidement dans la première ruelle.
—On peut aller par là aux jardins Serbelloni, n'est-ce pas?
—Bien sûr, dit-elle. Et elle marcha devant, nullement incommodée par la petite scène de la place.
—Carlotta, cela ne vous fait rien qu'on s'occupe tant de vous?
—Ah! bien! dit-elle, avec une pointe d'orgueil dans le regard, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse?
—Est-ce que ça vous serait agréable, par hasard?
—Dame! quand je suis bien habillée!
Ils avancèrent en silence dans les magnifiques allées montantes des jardins Serbelloni. Carlotta cherchait de droite et de gauche, si elle n'apercevrait pas sa sœur. Gabriel se proposait de passer la matinée sous les sapins à réfléchir à ses tristesses et aux projets virils qu'il avait arrêtés durant la nuit. Ils aperçurent le révérend Lovely qui, étant venu par un chemin moins compliqué, les avait devancés dans sa promenade matinale.
—Prenons donc une autre allée, dit Gabriel; notre vue va faire faire la grimace à ce monsieur.