La petite Luisa déboucha en courant dans le jardin, où se trouvaient ces messieurs. Elle avait les deux mains sur les yeux et faillit tomber à plusieurs reprises avant de venir se réfugier en fondant en larmes dans les bras de son père.
—Luisa! voyons! eh bien! qu'est-ce qui nous est arrivé?
Dès qu'on la tint et la caressa, ses sanglots redoublèrent. Enfin, quand elle put parler:
—On m'a dit de m'en aller! dit-elle.
—Qui est-ce qui t'a dit de t'en aller?
—Maman et Solweg m'ont dit d'aller jouer.
—Mais, si on t'a dit d'aller jouer, il n'y a pas de quoi pleurer!
—Oh! dit-elle, je sais bien ce que ça veut dire. C'est très désagréable; ça m'arrive toutes les fois qu'on veut parler sérieusement. Je ne suis pas assez grande.
—Mais, ma petite Luisa, à mesure que tu seras plus grande, tes désagréments le seront aussi!
—Je le sais bien, puisque Solweg, qui est une grande jeune fille, pleure plus que moi. On est malheureux tant qu'on n'est pas marié. Mais au moins, quand on est grande, on n'est plus vexée...