—Il est donc ridicule d'avoir une belle âme?
Il me dit, avec hésitation, parce qu'il était toujours très embarrassé pour exprimer des sujets d'ordre moral:
—C'est une question de milieu... Chez les Voulasne...
—Eh bien! fis-je un peu vivement, chez les Voulasne, est-ce que vous croyez que moi-même j'aie l'âme de madame de Lestaffet, ou de madame Kulm, ou de monsieur Chauffin?... est-ce que vous seriez satisfait que l'on fît des couplets sur le maillot de votre femme?... sur son maillot crevé?...
—J'en mourrais de honte! dit-il, ah! pour cela non, cela n'est pas dans mon caractère!...
Je voyais qu'il était sincère et que cette idée le faisait bondir. C'était une de celles auxquelles il devait toujours être le plus sensible: il n'eût jamais supporté que la tenue de sa femme fût prise en défaut.
—Madame Kulm, repris-je, madame de Lestaffet, voilà donc le genre de femmes qui s'harmonise au milieu Voulasne?...
Il était très ennuyé de l'effort que je lui demandais pour raisonner là-dessus. Il n'était pas accoutumé à cela; il n'y avait jamais songé. Il me dit simplement:
—La plupart des hommes que vous avez vus là, ce sont des hommes qui ont travaillé tout le jour: ils demandent à se distraire...