—Eh bien! demandez à Gustave qui ne peut pas prendre une décision!
—Eh bien? eh bien? fîmes-nous, mon mari et moi, tournés du côté de Gustave.
Gustave se taisait, baissait l'oreille.
—Allons! voyons, mes chers cousins, nous étions tombés d'accord, l'autre soir, que ce mariage était excellent sous tous les rapports... Et les jeunes gens s'aiment. Isabelle en souffre, c'est évident...
Ici les deux parents protestèrent. Ni l'un ni l'autre ne consentaient à admettre que leur fille pût souffrir.
Gustave se trouva ragaillardi par cet accord inopiné avec sa femme et il formula la pensée qu'il ruminait, depuis que nous lui parlions du mariage de sa fille:
—Je voudrais bien, dit-il, que l'on m'indiquât sur le cadran les cinq minutes, oui, les cinq, où, depuis trois semaines, j'aurais pu réfléchir à une affaire de cette importance!
Sa candeur et sa sincérité étaient pures. Comme tous les gens qui n'ont absolument rien à faire, il n'avait pas une minute à lui.
—Eh bien! voyons, mon cousin, lui dis-je, ces cinq minutes, nous les avons devant nous, j'espère, car vous n'allez pas nous mettre à la porte!... Si nous les employions à réfléchir ensemble... Ah! vous allez nous trouver indiscrets?...