Nous en étions là, et nous discourions à perdre haleine sur l'aimable proposition de madame Du Toit, sans pouvoir adopter un parti, lorsque la décision nous fut fournie par une visite inopinée du jeune ménage Albéric. Albéric et Isabelle, nous n'y songions pas, se trouvaient agités par la question des vacances tout autant que nous-mêmes; ils avaient deux familles à contenter: les Voulasne, jugeant que leur saison de Dinard était gâchée sans la présence d'Isabelle; les Du Toit brandissant la sentence de leurs médecins d'après laquelle le bord de la mer était néfaste à Albéric. Quant aux deux époux, ils étaient d'accord; ils voulaient aller à Dinard et point au manoir de Fontaine-l'Abbé.
—Mais, votre santé? dis-je à Albéric, l'opinion des médecins?...
Albéric se moquait des médecins. D'ailleurs, il répliquait galamment:
—Il y a aussi la santé de ma femme. Isabelle est accoutumée aux bains de mer.
—Mais enfin, leur disais-je, rien n'est plus simple que de mettre tout le monde d'accord: passez trois semaines à Dinard, le temps de la saison, et le mois de septembre à la campagne; c'est logique.
Isabelle me dit:
—Que nous quittions Dinard au bout de trois semaines, comme au bout de six, du moment que nous le quittons avant eux, papa et maman sont fâchés comme si nous n'y étions pas allés, ça c'est réglé. Mais il faut vous dire qu'au mois de septembre, ils ont l'intention de faire un voyage, peut-être en Italie, et de nous emmener. Alors, vous comprenez, pour le manoir, zut et zut!...
Albéric sourit. Il dit qu'il s'était «rasé» au manoir depuis sa tendre enfance.
Je ne soupçonnais pas ce qu'ils semblaient attendre de moi en cette affaire.