—Oui, on sait qu'il suffit d'un défaut pour vous attendrir... Enfin! Dieu vous pardonnera peut-être parce qu'il y a un peu de bonté en vous.
Mme Pigeonneau, montée sur un escabeau, venait d'atteindre des objets soigneusement enveloppés et faisait de mystérieux gestes à Mlle Cloque: «Venez donc voir! venez donc voir!...» Le marquis, tout en causant, ne perdait pas une ligne de la taille de la jeune femme qu'il était agréable de voir se tendre avec les bras levés, ou se courber soudain sur la table, portant sur un seul coude, un petit doigt taquinant la bouche.
Elle mouvait une demi-douzaine d'écrins tout frais déshabillés de leur fine chemise de papier de soie. Le maroquin était vert sombre, noir, chamois ou vieux rose.
—Qu'est-ce que c'est que ça? fit Mlle Cloque.
D'un mouvement du pouce, Mme Pigeonneau pesa sur les boutons de cuivre, et de magnifiques missels de mariage apparurent dans leur lit capitonné.
—Ah! très bien! fit la pauvre tante de Geneviève; c'est très joli, en effet, très joli... Nous avons bien peu de temps pour regarder vos merveilles, madame Pigeonneau, nous avons seulement voulu vous dire bonjour... Allons! fillettes...
Sur le pas de la porte, on se sépara de la famille Houblon. Le marquis accompagna Mlle Cloque et sa nièce jusqu'à la rue de la Bourde.
Le savetier cognait à tour de bras sur le cuir. La folle agitait son mouchoir blanc à la fenêtre de l'hôtel d'Aubrebie. Dans le temps d'un clin d'œil, Geneviève pensa au grand tumulte ordonné de la vie du couvent, à la petite existence enclose derrière cette porte de la rue de la Bourde, et à l'espoir chéri de l'avenir.