Halte sous un “ Gao ” (Tamarindus) dans la région de Goundam.
Cliché Cauvin
48. — ZONE SAHELIENNE.
Bouquet d’arbres, sur les bords du Niger dans la région de Gao.
Le conflit ne paraît pas insoluble ; le péril n’est d’ailleurs pas immédiat et l’on est arrivé, en Algérie tout au moins, à établir un équilibre à peu près satisfaisant entre les besoins des agriculteurs et ceux des bergers.
II. Irrigations artificielles. — Ce second type exige une intervention active de l’homme, qui doit capter l’eau nécessaire aux cultures. Les principaux types d’oasis, peu nombreux, sont bien connus[123]. Parfois un oued est alimenté assez régulièrement en eau pour que ses alluvions restent humides à peu de distance de la surface ; dans ces oasis de rivière, dont Silet est un excellent exemple, les palmiers poussent sans aucun soin. Dans le Souf, les conditions sont analogues, quoique un peu moins bonnes : il faut choisir, entre les dunes, une profonde dépression, enlever le sable sec, traverser un banc imperméable de gypse épais parfois de un mètre, sous lequel se trouvent les alluvions humides : un jardin est une sorte de puits profond de 10 à 15 mètres. Les boutures de palmier n’ont besoin d’être arrosées que jusqu’à leur reprise ; le principal travail du cultivateur sera de défendre son jardin contre le sable qu’y amène chaque coup de vent et qui aurait tôt fait de combler l’excavation et d’ensevelir les arbres. Ces jardins du Souf sont forcément très exigus ; les plus grands contiennent une centaine de palmiers, les plus petits une demi-douzaine.
Habituellement les travaux nécessaires au captage de l’eau sont beaucoup plus considérables ; ils nécessitent des puits nombreux, ordinaires ou artésiens : c’est le type habituel du M’zab et des oasis du Sud constantinois et l’on sait combien, depuis l’occupation française, les procédés de forage perfectionnés ont permis d’accroître la richesse de Touggourt et d’Ouargla. La même technique a donné quelques résultats intéressants au Tidikelt ; il y a même un « lac » à Tit [Cortier, D’une rive à l’autre..., p. 63.]
Mais, dans l’archipel touatien, le procédé de captage est en général différent : de longues canalisations souterraines, les foggaras, vont chercher l’eau à plusieurs kilomètres en amont des jardins. Gautier a décrit en détail, dans le premier volume, ce travail considérable.
Dans les maigres jardins de l’Ahaggar, on trouve encore quelques foggaras ; plus au sud elles semblent disparaître ; d’ailleurs en dehors du Sahara algérien, les dattiers, ne donnant plus que des produits médiocres, sont en petit nombre et la culture par irrigation devient insignifiante. Elle ne se développe un peu qu’auprès de certains centres de caractère spécial, où elle est surtout de la culture maraîchère.