Lenz avait signalé des calcaires paléozoïques dans la région de l’erg Chach. Au cours de la fructueuse tournée des méharistes à Taoudenni, Mussel a pu recueillir d’importants matériaux qui permettent de préciser les indications un peu trop vagues de Lenz.
Fig. 6. — Coupe schématique d’El Khenachiche à Taoudenni. — D’après Mussel, Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afrique Française, juin 1907, p. 151 et 152. Les altitudes sont mal connues.
1, Schistes cristallins et Quartzites ; 2, Calcaires gris fossilifères ; 3, Calcaires rosés non fossilifères (15 à 18 m.) ; 4, Calcaires bleuâtres ou violacés, fossilifères au sommet (13 m.) ; 5, Argiles gypsifères (Infracrétacé ?) ; 6, Grès rouges (Infracrétacé ?) ; 7, Conglomérats siliceux ; 8, Atterrissements quaternaires, sebkha.
D’El Eglab où elles s’appuient sur l’Archéen, jusqu’au voisinage de la falaise d’El Khenachiche, des couches très plissées, que Mussel rapproche des assises siluriennes du Bled El Mass (au nord de l’Ahnet), forment partout le sous-sol ; dans l’Aoukarr qui est une véritable chebka, ces schistes cristallins et ces quartzites ne sont guère recouverts que par des dunes ou des atterrissements récents. Mais plus au sud ils sont surmontés d’un plateau calcaire, de structure tabulaire, la hammada El Haricha ([fig. 6]). Ces couches presque horizontales débutent par des calcaires gris de puissance mal déterminée, parfois légèrement gréseux et contenant Productus semi-reticulatus Mart, Pr. aff. Flemingi Sow., Spirifer aff. cuspidatus Mart. Au-dessus, 15 à 18 mètres de calcaires, verts et 10 mètres de calcaires violets n’ont fourni aucun fossile. Ces couches stériles sont surmontées de 3 mètres de calcaires violacés que termine parfois un niveau siliceux (0,60). Flamand y signale les formes suivantes :
Productus aff. africanus Stoch.
Lithostrotion irregulare Ph.
L. » Martini. M. Edw. et Haime.
C’est donc incontestablement du Carbonifère ; mais le nombre des fossiles est trop restreint, leur état de conservation trop médiocre pour qu’il soit possible de préciser davantage le niveau.
En tout cas, il importe de bien mettre en évidence que la hammada El Haricha repose directement sur les schistes siluriens et que rien ne semble représenter le Dévonien ; cette transgression du Carbonifère, qui manque dans la majeure partie du Sahara soudanais, est un fait important.