Melfi. — Au sud-est du Tchad, le poste de Melfi est au centre d’un cirque de collines granitiques, hautes parfois de 200 mètres, formées de roches assez variées dont le type le plus habituel est une syénite à amphibole sodique et à riébeckite, plus pauvre en silice et plus riche en chaux que les roches de Gouré et de Zinder [Freydenberg, Thèse, p. 107 et 180].

Fig. 76. — Coupe relevée à 200 mètres au nord du poste de Gouré (Mounio).

m, Microgranite alcalin (hauteur 10 mètres). — q, Filons de quartz. — 1, Argiles du Tegama disloquées et transformées en micaschistes. — 2, Grès ferrugineux superficiels. — La coupe a 50 mètres de long.

Ce massif éruptif se continue vers le sud et se relie aux granites alcalins de Miellim sur la rive gauche du Chari.

Fita. — Beaucoup plus à l’ouest, au Dahomey, Hubert [Thèse, p. 242], à signalé la chaîne de Fita, qui, un peu au sud du 8° Lat. N. s’étend sur une dizaine de kilomètres du nord au sud avec une largeur de 2 kilomètres au plus ; ses plus haut sommets dominent de 150 mètres la plaine voisine ; les roches [l. c., p. 466-467] sont des granites et des microgranites alcalins dont la riébeckite est l’élément le plus caractéristique. D’après un renseignement oral, Hubert considère ces roches comme beaucoup plus jeunes que les gneiss des régions voisines.

Provinces pétrographiques à roches alcalines. — L’abondance de ces roches alcalines en Afrique est connue depuis longtemps ; Lacroix a montré qu’elles se rattachaient à deux provinces pétrographiques distinctes : la province occidentale comprend d’abord les îles atlantiques (Açores, Canaries, îles du cap Vert) ; les îles de Los, près de Konakry, contiennent des roches analogues. Chautard[182] a récemment montré qu’il fallait définitivement rattacher à la même province les roches de Dakar dont le trachyte du cap des Biches est le type le plus remarquable ; toutes ces roches de la presqu’île du Cap Vert sont nettement volcaniques ; au point de vue chronologique elles appartiennent à deux séries : entre Rufisque et Dakar les roches éruptives sont contemporaines du Crétacé supérieur ; plus tard, entre l’Éocène moyen et le Pleistocène, les épanchements se sont produits un peu plus au nord et s’ordonnent autour de l’appareil volcanique des Mamelles.

Dans l’intérieur, à Senoudébou (cercle de Bakel), un trachyte à noséane, recueilli dans un mur, a été étudié par Arsandaux ; le gisement d’origine de la pierre est à rechercher, mais il est douteux que l’on ait été chercher bien loin des matériaux de construction. Quiroga a trouvé dans le Rio de Oro, à Hassi Aussert, à moitié chemin entre le littoral et la sebkha d’Idjil, une syénite néphélinique. Dans le Sud marocain, les laves du Siroua, étudiées par Gentil [C. R. Ac. Sc., janvier 1908] sont des trachytes et des phonolites.

Cette province occidentale s’étend probablement jusqu’au voisinage d’Oran.

La province centrale, celle du Tchad, contient un grand nombre de gisements : le massif de l’Ahaggar avec les rhyolithes de l’Adjellela et les phonolithes à ægyrine de la Coudia lui appartient, mais semble marquer sa limite occidentale : la rhyolithe d’In Zize ne renferme aucun des minéraux qui caractérisent les roches alcalines ; immédiatement autour du tassili des Azdjer, le massif volcanique du Télout a émis une coulée de phonolithe à ægyrine, très voisin de la roche du Tekout (85 kilomètres au sud de Tripoli) recueillie autrefois par Overweg. L’abondance des roches alcalines dans l’Aïr, à Zinder et à Gouré, ainsi qu’autour du Tchad, a déjà été indiquée.