[197]Toutes les oasis du désert libyque (Fayoum, Baharia, Farafra, Kharga) auraient une origine analogue. Par suite de l’érosion, depuis l’Éocène, les calcaires à operculines, assez résistants, ont disparu de toutes les parties hautes des accidents anticlinaux, laissant à nu les terrains crétacés, formés de roches tendres. Pendant la fin des temps tertiaires et le début du Quaternaire, les roches, mises ainsi à découvert et déjà disloquées par les actions tectoniques, auraient disparu sous l’influence du ruissellement et, à l’époque actuelle, du sable traîné par le vent. Ce dernier produirait maintenant les effets les plus remarquables. Dans les cuvettes ainsi creusées se sont établies les oasis.

Cette manière de voir, nettement indiquée à propos de Baharia, qui est une dépression sans issue, [Beadnell, Découvertes géologiques récentes dans la vallée du Nil et le désert Libyen, in VIIIe Congrès géologique, Paris, 1900, p. 857] est encore reprise par J. Ball [Kharga Oasis : its topography and geology, Cairo, 1900, p. 100 et 101] ; cependant l’existence de galets et de tufs, avec feuilles de Quercus Ilex, au fond de la dépression, est donnée comme une preuve que l’érosion fluviale a commencé le travail ; le vent n’a fait qu’agrandir la cuvette ; un peu plus tard, Ball et Beadnell [Baharia Oasis, etc., Cairo, 1903, p. 72] reconnaissent qu’un lac a joué un certain rôle dans l’affaire. Enfin Beadnell [The topography and geology of the Fayum province of Egypt, Cairo, 1905] donne (fig. 6, p. 67) la carte d’une rivière qui, pendant l’Éocène supérieur et l’Oligocène, aboutissait au Fayoum. Cette rivière passait à Baharia où elle s’épandait en lac. Il semble donc que le gros travail a été fait par l’eau ; le vent se serait chargé de déblayer les matériaux meubles et de parachever la sculpture des falaises. Davis arrive à des conclusions analogues pour les déserts américains [Bull. Mus. Comp. Zoology, XXXVIII, 1901, p. 187-192 et XLII, 1903, p. 34].

[198]L’âge koufique de cette inscription a, paraît-il, été contesté ; elle serait récente. En tous cas, dès 1860, elle était célèbre au Sahara et déjà considérée comme ancienne. Croit-on qu’en France, un graffiti, tracé à l’ocre, resterait pleinement lisible pendant plus d’un demi-siècle ?

[199]Dans les dunes du Sahara où les variations de la température superficielle sont considérables, il suffit de creuser un trou de quelques centimètres pour trouver une température sensiblement constante.


CHAPITRE VIII

LE COMMERCE

Le commerce transsaharien. — Le commerce saharien. — L’avenir.

Le commerce transsaharien. — Il a été de mode, pendant longtemps, de considérer le commerce transsaharien soit comme très riche et assez important pour justifier l’établissement d’un chemin de fer, soit au contraire comme très pauvre et parfaitement négligeable. Les études de ces dernières années permettent, sinon de mettre la question tout à fait au point, du moins de croire que les échanges qui se font par caravanes à travers le désert ont une importance suffisante pour justifier une étude attentive et pour attirer l’attention du commerce français.

Autrefois le trafic saharien était très simple : la traite des noirs en faisait la base ; les plumes d’autruche, l’or[200] étaient l’objet de transactions insignifiantes et déjà Duveyrier savait que la sécurité plus grande que le général Faidherbe avait assurée à la voie du Sénégal, permettait à ces matières riches de s’écouler par Saint-Louis.