Note 31:[ (retour) ]
Les qualités particulières de Descartes étoient telles qu'on les indique ici. On doit lui en savoir gré; la vertu est peut-être plus rare que les talents, et le philosophe spéculatif n'est pas toujours philosophe pratique. Descartes fut l'un et l'autre. Dès sa jeunesse il avoit raisonné sa morale. En renversant ses opinions par le doute, il vit qu'il falloit garder des principes pour se conduire. Voici quels étoient les siens: 1° d'obéir en tout temps aux lois et aux coutumes de son pays; 2° de n'enchaîner jamais sa liberté pour l'avenir; 3° de se décider toujours pour les opinions modérées, parceque, dans le moral, tout ce qui est extrême est presque toujours vicieux; 4° de travailler à se vaincre soi-même, plutôt que la fortune, parceque l'on change ses désirs plutôt que l'ordre du monde, et que rien n'est en notre pouvoir que nos pensées. Ce fut là pour ainsi dire la base de sa conduite. On voit que cet homme singulier s'étoit fait une méthode pour agir, comme il s'en fit une pour penser. Il fut de bonne heure indifférent pour la fortune, qui de son côté le fit rien pour lui. Son bien de patrimoine n'alloit pas au-delà de six ou sept mille livres; c'étoit être pauvre pour un homme accoutumé dans son enfonce à beaucoup de besoins, et qui voulait étudier la nature; car il y a une foule de connoissances qu'on n'a qu'à prix d'argent. Sa médiocrité ne lui coûta point un désir. Il avoit sur les richesses un sentiment bien honnête, et que tous les coeurs ne sentiront pas: il estimoit plus mille francs de patrimoine, que dix mille livres qui lui seroient venues d'ailleurs. Jamais il ne voulut accepter de secours d'aucun particulier. Le comte d'Avaux lui envoya une somme considérable en Hollande: il la refusa. Plusieurs personnes de marque lui firent les mêmes offres: il les remercia, et se chargea de la reconnoissance, sans se charger du bienfait. C'est au public, disoit-il, à payer ce que je fais pour le public. Il se faisoit riche en diminuant sa dépense. Son habillement étoit très philosophique, et sa table très frugale. Du moment qu'il fut retiré en Hollande, il fut toujours vêtu d'un simple drap noir. A table il préféroit, comme le bon Plutarque, les légumes et les fruits à la chair des animaux. Ses après-dinées étoient partagées entre la conversation de ses amis et la culture de son jardin. Occupé le matin du système du monde, il alloit le soir cultiver ses fleurs. Sa santé étoit faible; mais il en prenoit soin sans en être esclave. On sait combien les passions influent sur elle; Descartes en étoit vivement persuadé, et il s'appliquoit sans cesse à les régler. C'est ainsi que M. de Fontenelle est parvenu à vivre près d'un siècle. Il faut avouer que ce régime ne réussit pas si bien à Descartes; mais, décrivoit-il un jour, au lieu de trouver le moyen de conserver la vie, j'en ai trouvé un autre bien plus sûr, c'est celui de ne pas craindre la mort. Il cherchoit la solitude, autant par goût que par système. Il avoit pris pour devise ce vers d'Ovide: Bene qui latuit, bene vixit, «Vivre caché, c'est vivre heureux»; et ces autres de Sénèque: Illi mors gravis incubat, qui notus nimis omnibus, ignotus moritur sibi, «Malheureux en mourant, qui, trop connu des autres, meurt sans se connoître lui-même.» Il devoit donc avoir une espèce d'indifférence pour la gloire, non pour la mériter, mais pour en jouir.... Descartes craignoit la réputation, et s'y déroboit. Il la regardoit surtout comme un obstacle à sa liberté et à son loisir, les deux plus grands biens d'un philosophe, disoit-il. On se doute bien qu'il n'étoit pas grand parleur. Il n'eût pas brillé dans ces sociétés où l'on dit d'un ton facile des choses légères, et où l'on parcourt vingt objets sans s'arrêter sur aucun.... L'habitude de méditer et de vivre seul l'avoit rendu taciturne; mais ce qu'on ne croirait peut-être pas, c'est qu'elle ne lui avoit rien ôté de son enjouement naturel. Il avoit toujours de la gaieté, quoiqu'il n'eût pas toujours de la joie. La philosophie n'exempte pas des fautes, mais elle apprend à les connoître et à s'en corriger. Descartes avouoit ses erreurs, sans s'apercevoir même qu'il en fût plus grand. C'est avec la même franchise qu'il sentoit son mérite, et qu'il en convenoit. On ne manquait point d'appeler cela de la vanité; mais s'il en avoit eu, il auroit pris plus de soin de la déguiser. Il n'avoit point assez d'orgueil pour tâcher d'être modeste. Ce sentiment, tel qu'il fût, n'étoit point à charge aux autres. Il avoit dans le commerce une politesse douce, et qui étoit encore plus dans les sentiments que dans les manières. Ce n'est point toujours la politesse du monde, mois c'est sûrement celle du philosophe. Il évitoit les louanges, comme un homme qui leur est supérieur. Il les interdisoit à l'amitié; il ne les pardonnoit pas à la flatterie. Il n'eut jamais avec ses ennemis d'autre tort que celui de les humilier par sa modération; et il eut ce tort très souvent. La calomnie le blessoit plus comme un outrage fait à la vérité, que comme une injure qui lui fût personnelle. Quand on me fait une offense, disoit-il, je tâche d'élever mon âme si haut, que l'offense ne parvienne pas jusqu'à moi. L'indignation étoit pour lui un sentiment pénible; et s'il eût fallu, il eût plutôt ouvert son âme au mépris. Au reste, ces deux sentiments lui étoient comme étrangers, et ce qui se trouvoit naturellement dans son âme, c'étoit la douceur et la bonté. Cette âme forte et profonde étoit très sensible. Nous avons déjà vu son tendre attachement pour sa nourrice. Il traitoit ses domestiques comme des amis malheureux qu'il étoit chargé de consoler. Sa maison étoit pour eux une école de moeurs, et elle devint pour plusieurs une école de mathématiques et de sciences. On rapporte qu'il les instruisoit avec la bonté d'un père; et quand ils n'avoient plus besoin de son secours, il les rendoit à la société, où ils alloient jouir du rang qu'ils s'étoient fait par leur mérite. Un jour l'un d'eux voulut le remercier: Que faites-vous! lui dit-il, vous êtes mon égal, et j'acquitte une dette. Plusieurs qu'il avoit ainsi formés ont rempli avec distinction des places honorables. J'ai déjà rapporté quelques traits qui font connoître sa vive tendresse pour son père. Je ne prétends pas le louer par là; mais il est doux de s'arrêter sur les sentiments de la nature. On lui a reproché de s'être livré aux foiblesses de l'amour, bien différent en cela de Newton, qui vécut plus de quatre-vingts ans dans la plus grande austérité de moeurs. Il y a apparence que Descartes, né avec une âme très sensible, ne put se défendre des charmes de la beauté. Quelques auteurs ont prétendu qu'il étoit marié secrètement; mais, dans un de ces entretiens où l'âme, abandonnée à elle-même, s'épanche librement au sein de l'amitié, Descartes, à ce qu'on dit, avoua lui-même le contraire. Quoi qu'il en soit, tout le monde sait qu'il eut une fille nommée Francine; elle naquit en Hollande le 13 juillet 1635, et fut baptisée sous son nom. Déjà il pensoit à la faire transporter en France, pour y faire commencer son éducation; mais elle mourut tout-à-coup entre ses bras, le 7 septembre 1640. Elle n'avoit que cinq ans. Il fut inconsolable de cette mort. Jamais, dit-il, il n'éprouva de plus grande douleur de sa vie. Depuis, il aimoit à s'en entretenir avec ses amis; il prononçoit souvent le nom de sa chère Francine; il en parloit avec la douleur la plus tendre, et il écrivit lui-même l'histoire de cette enfant, à la tête d'un ouvrage qu'il comptoit donner au public. Il semble que, n'ayant pu la conserver, il vouloit du moins conserver son nom.... Avec ce naturel bon et tendre, Descartes dut avoir des amis: il en eut en effet un très grand nombre. Il en eut en France, en Hollande, en Angleterre, en Allemagne, et jusqu'à Rome; il en eut dans tous les états et dans tous les rangs. Il ne pouvoit point se faire que, de tous ces amis, il n'y en eût plusieurs qui ne lui fussent attachés par vanité. Ceux-là, il les payoit avec sa gloire; mais il réservoit aux autres cette amitié simple et pure, ces doux épanchements de l'âme, ce commerce intime qui fait les délices d'une vie obscure et que rien ne remplace pour les âmes sensibles. La plupart des hommes veulent qu'on soit reconnoissant de leurs bienfaits: pour moi, disoit Descartes, je crois devoir du retour à ceux qui m'offrent l'occasion de les servir. Ce beau sentiment, qu'on a tant répété depuis, et qui est presque devenu une formule, se trouve dans plusieurs de ses lettres. A l'égard de Dieu et de la religion, voici comme il pensoit. Jamais philosophe ne fut plus respectueux pour la Divinité. Il prétendoit que les vérités même qu'on appelle éternelles et mathématiques ne sont telles que parceque Dieu l'a voulu. Ce sont des lois, disoit-il, que Dieu a établies dans la nature, comme un prince fait des lois dans son royaume. Il trouvoit ridicule que l'homme osât prononcer sur ce que Dieu peut et ce qu'il ne peut pas. Il n'étoit pas moins indigné que ceux qui traitoient de Dieu dans leurs ouvrages parlassent si souvent de l'infini, comme s'ils savoient ce que veut dire ce mot. Les catholiques l'accusèrent d'être calviniste, les calvinistes d'être pélagien; sur son doute, on l'accusa d'être sceptique; plusieurs l'accusèrent d'être déiste, et l'honnête Voétius d'être athée. Voilà les accusations. Voici maintenant ce qu'il y a de vrai. Il épuisa son génie à trouver de nouvelles preuves de l'existence de Dieu, et à les présenter dans toute leur force. Dans tous ses ouvrages, il parla toujours avec le plus grand respect de la religion révélée. Dans tous les pays qu'il habita, il fit toujours les fonctions de catholique. Dans son voyage d'Italie, pour s'acquitter d'un voeu, il fit un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette. Dans ses Méditations métaphysiques et dans ses lettres, il donna deux explications différentes de la transsubstantiation. Dans son séjour en Suède, il ne manqua jamais une fois aux exercices sacrés qui se faisaient dans la chapelle de l'ambassadeur. Dans sa dernière maladie, il se confessa, et communia de la main d'un religieux, en présence de l'ambassadeur et de toute sa famille. Est-ce là un calviniste? Est-ce là un pélagien? Est-ce un déiste, un sceptique, un athée?...
Note 32:[ (retour) ]
Descartes fut attaqué le 2 février 1650 de la maladie dont il mourut. Il n'y avoit pas plus de quatre mois qu'il étoit à Stockholm. Il y a grande apparence que sa maladie vint de la rigueur du froid, et du changement qu'il fit à son régime, pour se trouver tous les jours au palais à cinq heures du matin. Ainsi il fut la victime de sa complaisance pour la reine; mais il n'en eut point du tout pour les médecins suédois, qui voulaient le saigner. «Messieurs, leur crioit-il dans l'ardeur de la fièvre, épargnez le sang français.» Il se laissa saigner au bout de huit jours, mais il n'étoit plus temps; l'inflammation étoit trop forte. Il eut du moins, pendant sa maladie, la consolation de voir le tendre intérêt qu'on prenoit à santé. La reine envoyoit savoir deux fois par jour de ses nouvelles. M. et madame de Chanut lui prodiguoient les soins les plus tendres et les plus officieux. Madame de Chanut ne le quitta point depuis sa maladie. Elle étoit présente à tout. Elle le servoit elle-même pendant le jour; elle le soignoit durant les nuits. M. de Chanut, qui venoit d'être malade, et encore à peine convalescent, se traînoit souvent dans sa chambre, pour voir, pour consoler et pour soutenir son ami.... Descartes mourant serroit par reconnoissance les mains qui le servoient; mais ses forces s'épuisoient par degrés, et ne pouvoient plus suffire au sentiment. Le soir du neuvième jour, il eut une défaillance. Revenu un moment après, il sentit qu'il falloit mourir. On courut chez M. de Chanut; il vint pour recueillir le dernier soupir et les dernières paroles d'un ami: mais il ne parloit plus. On le vit seulement lever les yeux au ciel, comme un homme qui imploroit Dieu pour la dernière fois. En effet, il mourut la même nuit, le 11 février, à quatre heures du matin, âgé de près de cinquante-quatre ans. M. de Chanut, accablé de douleur, envoya aussitôt son secrétaire au palais, pour avertir la reine à son lever que Descartes étoit mort. Christine en l'apprenant versa des larmes. Elle voulut le faire enterrer auprès des rois, et lui élever un mausolée. Des vues de religion s'opposèrent à ce dessein. M. de Chanut demanda et obtint qu'il fût enterré avec simplicité dans un cimetière, parmi les catholiques. Un prêtre, quelques flambeaux, et quatre personnes de marque qui étoient aux quatre coins du cercueil, voilà quelle fut la pompe funèbre de Descartes. M. de Chanut, pour honorer la mémoire de son ami et d'un grand homme, fit élever sur son tombeau une pyramide carrée, avec des inscriptions. La Hollande, où il avoit été persécuté de son vivant, fit frapper en son honneur une médaille, dès qu'il fut mort. Seize ans après, c'est-à-dire en 1666, son corps fut transporté en France. On coucha ses ossements sur les cendres qui restoient, et on les enferma dans un cercueil de cuivre. C'est ainsi qu'ils arrivèrent à Paris, où on les déposa dans l'église de Sainte-Geneviève. Le 24 juin 1667, on lui fit un service solennel avec la plus grande magnificence. On devoit après le service prononcer son oraison funèbre; mais il vint un ordre exprès du la cour, qui défendit qu'on la prononçât. On se contenta de lui dresser un monument de marbre très simple, contre la muraille, au-dessus de son tombeau, avec une épitaphe au bas de son buste. Il y a deux inscriptions, l'une latine en style lapidaire, et l'autre en vers français. Voilà les honneurs qui lui furent rendus alors. Mais pour que son éloge fût prononcé, il a fallu qu'il se soit écoulé près de cent ans, et que cet éloge d'un grand homme ait été ordonné par une compagnie de gens de lettres.
DISCOURS
DE LA MÉTHODE.
Ce discours, écrit en français par Descartes, parut, pour la première fois, avec la Dioptrique, les Météores et la Géométrie à Leyde, 1637, in-4°. Il a été réimprimé à Paris, in-12, 1724, avec la Dioptrique, les Météores, la Mécanique, et la Musique, et sans la Géométrie. Une traduction latine en fut publiée à Amsterdam en 1644, in-4°, et ibid., in-4°, 1656.
DISCOURS
DE LA MÉTHODE
POUR BIEN CONDUIRE SA RAISON,
ET CHERCHER LA VÉRITÉ DANS LES SCIENCES.
Si ce discours semble trop long pour être lu en une fois, on le pourra distinguer en six parties. Et, en la première, on trouvera diverses considérations touchant les sciences. En la seconde, les principales règles de la méthode que l'auteur a cherchée. En la troisième, quelques unes de celles de la morale qu'il a tirée de cette méthode. En la quatrième, les raisons par lesquelles il prouve l'existence de Dieu et de l'âme humaine, qui sont les fondements de sa métaphysique. En la cinquième, l'ordre des questions de physique qu'il a cherchées, et particulièrement l'explication du mouvement du coeur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine; puis aussi la différence qui est entre notre âme et celle des bêtes. Et en la dernière, quelles choses il croit être requises pour aller plus avant en la recherche de la nature qu'il n'a été, et quelles raisons l'ont fait écrire.
PREMIÈRE PARTIE.
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent: mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent et qui s'en éloignent.
Pour moi, je n'ai jamais présumé que mon esprit fût en rien plus parfait que ceux du commun; même j'ai souvent souhaité d'avoir la pensée aussi prompte, ou l'imagination aussi nette et distincte, ou la mémoire aussi ample ou aussi présente, que quelques autres. Et je ne sache point de qualités que celles-ci qui servent à la perfection de l'esprit; car pour la raison, ou le sens, d'autant qu'elle est la seule chose qui nous rend hommes et nous distingue des bêtes, je veux croire qu'elle est tout entière en un chacun; et suivre en ceci l'opinion commune des philosophes, qui disent qu'il n'y a du plus et du moins qu'entre les accidents, et non point entre les formes ou natures des individus d'une même espèce.
Mais je ne craindrai pas de dire que je pense avoir eu beaucoup d'heur de m'être rencontré dès ma jeunesse en certains chemins qui m'ont conduit à des considérations et des maximes dont j'ai formé une méthode, par laquelle il me semble que j'ai moyen d'augmenter par degrés ma connoissance, et de l'élever peu à peu au plus haut point auquel la médiocrité de mon esprit et la courte durée de ma vie lui pourront permettre d'atteindre. Car j'en ai déjà recueilli de tels fruits, qu'encore qu'au jugement que je fais de moi-même je tâche toujours de pencher vers le côté de la défiance plutôt que vers celui de la présomption, et que, regardant d'un oeil de philosophe les diverses actions et entreprises de tous les hommes, il n'y en ait quasi aucune qui ne me semble vaine et inutile, je ne laisse pas de recevoir une extrême satisfaction du progrès que je pense avoir déjà fait en la recherche de la vérité, et de concevoir de telles espérances pour l'avenir, que si, entre les occupations des hommes, purement hommes, il y en a quelqu'une qui soit solidement bonne et importante, j'ose croire que c'est celle que j'ai choisie.