Le Hérisson, dont le corps mesure environ 0m 24 et la queue 0m 17, a la tête large à la base, de petites oreilles arrondies, la queue velue et très courte, et 36 dents. Son pelage est composé, sur la tête, les membres, la queue et le ventre, d’une fourrure de poils d’un brun jaunâtre, plus clairs sur l’abdomen et la poitrine, et sur toutes les parties supérieures du corps, d’une série de longs piquants serrés et aigus, d’un blanc jaunâtre à leur base, noirâtres vers leur moitié et blancs au bout. Dès qu’il est inquiété, l’animal place sa tête, ses membres et sa queue sur l’abdomen et se replie en rond, ne présentant plus qu’une boule hérissée de piquants.

Le Hérisson est partout très commun, dans les haies des campagnes et dans les bois taillis. Durant le jour, il demeure caché sous un pied de taillis, un roncier ou un amas de pierres; il en sort rarement pendant le grand soleil, mais aussitôt le crépuscule, il commence à courir de côté et d’autre, dévorant tout ce qu’il rencontre, insectes de toutes sortes, lombrics, limaces, limaçons, serpents, lézards et grenouilles, mulots et campagnols, lapereaux dont il trouve le nid, jeunes oiseaux, et au besoin des racines et des fruits.

Renfermé dans une écurie, nous l’avons vu dévorer des œufs, de petits pigeons, et une personne digne de foi l’a vu attaquer, dans les mêmes conditions, de petits chiens qui venaient de naître.

Il mange les cantharides, dit-on, sans en être incommodé et attaque la vipère, ses piquants le protégeant contre les morsures, car il n’est pas certain qu’il soit immunisé, comme on le prétend, contre le venin du reptile.

C’est un animal, à la fois utile puisqu’il détruit les insectes nuisibles, les limaces, les campagnols et la vipère, et un peu nuisible puisqu’il mange du gibier et des oiseaux.

Il ne court pas très vite, mais il grimpe assez bien et au besoin escalade une muraille même élevée. Grâce à son système de défense, il est rarement tué par les animaux carnassiers; les chasseurs dont les chiens l’arrêtent souvent dans les buissons, l’épargnent ordinairement; les paysans, au contraire, le tuent généralement quand ils le rencontrent, soit pour le plaisir de le tuer, soit pour le manger.

Au mois de juin, la femelle construit, dans un roncier, au milieu des champs ou dans un bois épais, un nid d’herbes où elle dépose ses petits; elle fait ainsi deux portées par an, de chacune trois à sept jeunes. Ceux-ci, à la naissance et pendant quelques jours, ont les piquants mous, mais ils durcissent vite et sont alors plus aigus que ceux des adultes.

A la fin de l’automne, le Hérisson se cache sous d’épaisses racines, sous des rochers ou dans un fourré, et là, s’ensevelit dans un amas de feuilles sèches et de broussailles. Dès les premiers beaux jours du printemps, il se réveille et commence sa vie d’été.

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TAUPE COMMUNE