Très vigoureux et très brave, il mort cruellement, ne redoute aucunement les plus gros chats et se défend même contre certains chiens. Toutefois il se laisse prendre assez aisément dans les pièges et ne peut résister aux petits chiens très mordants qu’on dresse à lui faire la chasse.
La femelle fait, au fond d’un trou ou dans les tas de paille ou de bois, quatre ou cinq portées par an, chacun de cinq à treize petits. On doit donc lui faire une guerre sans merci, si on veut l’empêcher de pulluler d’une effrayante façon.
On observe assez souvent une variété noire.
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RAT NOIR
C’est le Rat ordinaire, reconnaissable à son pelage tirant plus ou moins sur le noir en dessus, cendré blanchâtre en dessous, ses oreilles grandes et dénudées, sa queue extrêmement longue. Sa taille varie de 0m40 à 0m42 de longueur, dont 0m20 à 0m22 de queue.
Probablement originaire de l’Asie centrale, il existe en Europe depuis le moyen âge, tandis que la présence du Surmulot dans nos pays ne remonte pas à deux siècles. Il est commun partout dans les villes et dans les campagnes, mais dans beaucoup de grandes villes, il disparaît devant le Surmulot et là où il reste, il habite surtout les greniers.
Rusé et circonspect, il évite assez bien les pièges et on sait quels dégâts il commet dans les endroits où il est abondant. Il dévore les grains et toutes les provisions, ronge tout ce qui lui tombe sous la dent, perfore les murs et les parquets, et en cas de disette, mange même les autres Rats. Il est à son tour détruit par certains chats, d’autres hésitant à l’attaquer quand il est adulte, par les belettes, les hermines, les fouines et les rapaces nocturnes. Il court vite, nage bien et grimpe aux arbres avec adresse. Rarement, il s’éloigne des habitations, bien qu’à l’automne il aille volontiers visiter les jardins fruitiers.
Il se reproduit en toutes saisons, même en plein hiver, et la famille n’a pas plutôt élevé ses petits qu’elle fait une nouvelle portée de quatre à dix petits dans un trou, un tas de fagots, un amas de foin ou de paille.
Cette espèce est très variable. On trouve des Rats roux à ventre blanc, d’autres tout blancs ou en partie blancs. Faut-il, comme l’ont fait plusieurs zoologistes, considérer ces Rats roux à ventre blanc et d’autres de coloration un peu différente comme des espèces spéciales ou au moins des sous-espèces? Faut-il par exemple admettre que la forme appelée «Mus alexandrinus» est une autre espèce que le Rat noir? La question est encore douteuse. Ces espèces seraient, en tous cas, extrêmement voisines les unes des autres.