Le Cerf a le museau allongé, les oreilles grandes, les yeux grands, avec au-dessous un larmier profond, le cou très long, revêtu de grands poils chez le mâle, le corps vigoureux, la queue fauve très courte, les membres assez longs et assez minces. Sa robe est fauve ou brune dessus, avec une raie noirâtre sur le cou et une partie du dos, ses fesses blanchâtres bordées de noirâtre, les parties inférieures grisâtres ou blanchâtres. La tête du mâle porte des bois qui tombent chaque année et repoussent aussitôt, enveloppés d’une mince peau veloutée qui, lorsque le bois a atteint son développement complet, se sèche et se lève par plaques, l’animal s’en débarrassant en la frottant contre les arbres. La longueur du corps est de 2 mètres et plus; la queue est de 0m15; la hauteur au garrot de 1m30 à 1m40.
Les jeunes, appelés faons jusqu’à l’âge de six mois, ont le corps parsemé de taches blanches ou fauve clair qui disparaissent ensuite; de six mois à un an, ils sont devenus fauves et nommés alors «hères». Pendant la deuxième année, les bois du mâle poussent pour la première fois; ils sont plus ou moins droits sans aucune branche et l’animal est appelé «daguet». En mars-avril de l’année suivante ils tombent, mais repoussent si vite qu’en juillet ou en août, ils sont développés et portent chacun une ou parfois deux branches ou andouillers. Le Cerf est alors «une deuxième tête», comme à chacune des années suivantes, il deviendra «une troisième tête», puis «quatrième tête»; enfin «un dix-cors jeunement» et un «dix-cors». Tous les ans, ainsi, vers le mois d’avril, les bois tomberont, seront reformés en juillet-août et porteront ordinairement, car la règle n’est pas absolue, une branche de plus chaque année, jusqu’à l’âge de sept ou huit ans. Il est rare d’en trouver en France portant plus de neuf branches. Parfois les bois, ou l’un d’eux, poussent d’une façon anormale; le Cerf a alors, en termes de vénerie, «une tête bizarde».
Vivant solitaires, ou par hardes de cinq à huit, les Cerfs et Biches sortent des bois à la nuit noire dans les champs de céréales, les pâturages et les taillis, et rentrent au fourré aux premières heures du jour, ou bien, à certaines saisons, font leur nuit dans les jeunes taillis. Ils mangent les bourgeons, les feuilles, les herbes, les céréales, les légumes et même les fruits, notamment les pommes; il leur faut une grande quantité de nourriture et ils commettent souvent de grands dégâts dans les champs ensemencés. Aussi les a-t-on classés parmi les animaux nuisibles.
Le Cerf est polygame et au moment du rut, du 15 septembre à la fin d’octobre, les mâles se livrent de furieux combats dans lesquels ils s’estropieraient si le vaincu ne prenait assez rapidement la fuite. A ce moment ils poussent des bramements qui s’entendent de loin et effraient les gens qui ne se rendent pas compte de ces clameurs profondes. En mai, la Biche met bas un petit, très souvent deux, qu’elle réussit à élever, car en dehors du loup et de l’homme, elle n’a pas d’ennemis; mais l’homme est, pour cette espèce, un ennemi redoutable et là où elle n’est pas protégée, elle disparaît promptement.
A l’heure actuelle, le Cerf existe encore dans une trentaine de départements français et il est assez commun seulement dans un petit nombre de forêts, surtout en Normandie, autour de Paris, dans l’Ouest et dans le Centre. Si on trace une ligne qui partage la France en deux parties de l’Ouest à l’Est, on remarquera que le Cerf est inconnu aujourd’hui dans la plus grande moitié, toute la partie méridionale, et presque partout dans l’Est, de même qu’il ne se trouve plus en Bretagne, sauf sur un point. En Belgique, il n’existe plus, sauf dans l’Ardenne, où il est rare; en Suisse, il a disparu.
Pris jeune, il s’apprivoise facilement, mais les mâles, en vieillissant, deviennent toujours méchants. En liberté, le Cerf est défiant, a l’ouïe et l’odorat excellents; il évite autant qu’il peut la présence de l’homme, mais au moment du rut, il est moins craintif et on a observé des cas où il a attaqué des passants. Les blessures qu’il fait sont absolument dangereuses, comme l’indique ce vieux proverbe, montrant que si le Sanglier ne fait ordinairement que des blessures à ceux qu’il atteint, le Cerf les tue le plus souvent:
Au Sanglier la mierre (le médecin),
Au Cerf la bière.
Le Cerf vit vingt ans et plus.
/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\