Les Nymphes à l'envi font valoir leurs couleurs:
Chacune veut passer pour la Reine des fleurs.
Mais les Zéphyrs ne peuvent rester longtemps dans le repaire des furieux Autans qui vont de nouveau se déchaîner. Obsédé par les remords qui lui reprochent le meurtre du roi Sténelée, son prédécesseur, Danaüs sort tout agité de la salle du festin, et l'ombre de sa victime lui apparaît tout à coup. C'est le seul incident qui donne quelque faible intérêt à ces trois premiers actes: tout le reste est monotone, languissant et sans véritable action. Les deux derniers actes, au contraire, se réveillent vigoureusement de cette torpeur qui glace, et ce sont eux, probablement, qui ont excité l'enthousiasme de L'Estoile et de l'abbé de Marolles. Il est certain qu'ils ont quelque mérite, mais l'épithète d'«immortels» nous semble très-risquée.
Après une scène beaucoup trop longue et sans grand mouvement, dans laquelle Hypermnestre conseille la fuite à Lyncée, et lui dévoile le secret terrible de cette fatale nuit, les diverses situations commencent à prendre une véritable vie.
Voici d'abord Alphite accourant tout éperdu, pour faire aux deux époux le fameux récit du massacre, que L'Estoile met au-dessus de tout ce qui avait paru jusqu'alors et, par conséquent, du Cid lui-même, dont la date est de 1637:
ALPHITE.
Je vous ai tant cherchez que je n'ai plus d'haleine.
Ai-je encore mes sens? Suis-je encore animé?
D'où vient que ces objets ne m'ont point transformé?
Cent actes inhumains que l'on ne pourra croire,