Il est donc constant qu'une Banque d'intelligence avec un Ministre, est capable de hausser & de soutenir le prix des fonds publics, & de baisser le prix de l'intérêt dans l'Etat au gré de ce Ministre, lorsque les opérations en sont menagées avec discrétion, & par-là de libérer les dettes de l'Etat; mais ces raffinemens qui ouvrent la porte à gagner de grandes fortunes, ne sont que très rarement menagés pour l'utilité seule de l'Etat; & les opérateurs s'y corrompent le plus souvent. Les billets de banque extraordinaires, qu'on fabrique & qu'on répand dans ces occasions, ne dérangent pas la circulation, parcequ'étant emploïés à l'achat & vente de fonds capitaux, ils ne servent pas à la dépense des familles, & qu'on ne les convertit point en argent; mais si quelque crainte ou accident imprévu poussoit les Porteurs à demander l'argent à la Banque, on en viendroit à crever la bombe, & on verroit que ce sont des opérations dangereuses.

FIN.

TABLE
DES CHAPITRES.

Chap. I. De la Richesse.page, [1]
Chap. II. Des Sociétés d'Hommes.[3]
Chap. III. Des Villages.[9]
Chap. IV. Des Bourgs.[12]
Chap. V. Des Villes.[16]
Chap. VI. Des Villes capitales.[21]
Chap. VII. Le travail d'un Laboureurvaut moins que celui d'un Artisan.[23]
Chap. VIII. Les Artisans gagnent,les uns plus, les autresmoins, selon les cas & les circonstancesdifférentes.[25]
Chap. IX. Le nombre de Laboureurs,Artisans & autres,qui travaillent dans un état,se proportionne naturellementau besoin qu'on en a.[28]
Chap. X. Le prix & la valeur intrinsequed'une chose en généralest la mesure de la terre & dutravail qui entrent dans sa production.[33]
Chap. XI. Du pair ou rapportde la valeur de la Terre à lavaleur du travail.[40]
Chap. XII. Tous les Ordres &tous les Hommes d'un Etatsubsistent ou s'enrichissent auxdépens des Propriétaires des Terres.[55]
Chap. XIII. La circulation & letroc des denrées & des marchandises,de même que leur production,se conduisent en Europepar des Entrepreneurs, &au hasard.[62]
Chap. XIV. Les humeurs, lesmodes & les façons de vivre duPrince, & principalement desPropriétaires de terre, déterminentles usages auxquels onemploie les terres dans un Etat,& causent, au Marché, lesvariations des prix de toutes choses.[76]
Chap.XV. La multiplication &le décroissement des Peuplesdans un Etat dépendent principalementde la volonté, desmodes & des façons de vivredes Propriétaires de terres.[86]
Chap. XVI. Plus il y a de travaildans un Etat, & plus l'Etatest censé riche naturellement.[113]
Chap. XVII. Des Métaux &des Monnoies, & particulierementde l'or & de l'argent.[126]
SECONDE PARTIE.
Chap. I. Du Troc.[151]
Chap. II. Des prix des Marchés.[155]
Chap. III. De la circulation de l'Argent.[159]
Chap. IV. Autre réflexion sur la vîtesseou la lenteur de la circulationde l'argent, dans le troc.[183]
Chap. V. De l'inégalité de lacirculation de l'argent effectif,dans un Etat.[197]
Chap. VI. De l'augmentation& de la diminution de la quantitéd'argent effectif dans un Etat.[211]
Chap. VII. Continuation dumême sujet de l'augmentation& de la diminution de la quantitéd'argent effectif dans un Etat.[232]
Chap. VIII. AutreReflexionsur l'augmentation & sur ladiminution de la quantité d'argenteffectif dans un Etat.[239]
Chap. IX. De l'interêt de l'argent,& de ses causes.[264]
Chap. X. Des causes de l'augmentation& de la diminutionde l'interêt de l'argent, dansun Etat.[282]
TROISIEME PARTIE.
Chap. I. Du Commerce avec l'Etranger.[297]
Chap.II. Des Changes & deleur nature.[323]
Chap. III. Autres éclaircissemenspour la connoissance dela nature des changes.[340]
Chap. IV. Autres éclaircissemens pour la connoissance de lanature des changes.[355]
Chap. V. De l'augmentation &de la diminution de la valeurdes especes monnoïées en dénomination.[381]
Chap. VI. Des Banques, & deleur crédit.[397]
Chap. VII. Autres éclaircissemens& recherches sur l'utilitéd'une Banque nationale.[406]
Chap. VIII. Des rafinemensdu crédit des Banques générales.[426]

FIN.

NOTES DU TRANSCRIPTEUR

L'orthographe (en particulier les accents) et la ponctuation sont conformes à l'original. On a cependant corrigé les erreurs manifestement introduites par les typographes.