Timonier, viens à nous
Le repos est si doux!
Hiva!
Matelots, carguez,
Et mouillez!
De la mer profonde
Plus d'un grain
Nous fit goûter l'onde,
C'est malsain.
Chantons à la ronde,
Verre en main.
Plus chaude liqueur
Va nous donner du cœur
Hiva!
En narguant
Flots et vent,
Amarrez
Et carguez.
Timonier viens à nous
Le repos est si doux,
Hiva!
Timonier, bois, avec nous,
En narguant
Flots et vent!
SCÈNE IV
LES MARINS NORVÉGIENS, LES MARINS HOLLANDAIS.
L'équipage du Vaisseau fantôme paraît sur le pont du navire. La mer, qui reste calme partout ailleurs, s'agite soudainement autour du Vaisseau fantôme. Une lueur bleuâtre et sinistre flamboie sur le navire comme un fanal de garde. Un vent de tempête se met à siffler dans les cordages. L'équipage qui, auparavant, n'avait pas donné signe de vie, commence à s'animer et exécute avec rapidité les diverses manœuvres.
LES MARINS DU VAISSEAU FANTÔME.
Ah! Hiva! Hui! Hiva! L'ouragan pousse au port!
Voile au vent, ancre à bord!
Et dans l'anse
On s'élance!
Noir marin, allons, descends!
Déjà sont passés sept ans,
Fais la cour à blonde enfant.
Blonde enfant tiens ton serment!
Quelle fête!
Ô fiancés, la tempête
Et le vent
Des noces c'est le chant!
Capitaine, es-tu de retour?
Voile au vent! mais ta belle
Où donc est-elle?
Vite en mer! Tu n'as pas de bonheur en amour!
Hiva! ah!
Que mugissent vents et flots!
Pour nos voiles nul repos!
Satan même les tissa,
Nul orage n'y mordra!
Ah! Hiva! ah!
Rien n'y fera!
Les matelots norvégiens observent d'abord avec surprise, ensuite avec épouvante ce qui se passe à bord du Vaisseau fantôme.
Pendant le chant des Hollandais leur navire est ballotte par les flots. Un vent horrible se fait sentir à travers les cordages et les voiles qui s'agitent avec un bruit lugubre et menaçant.
Par un contraste surnaturel le calme le plus parfait règne dans l'air et sur la mer, partout, excepté autour du Vaisseau fantôme.