- Ainsi, tu ne me traites plus de baba? reprit Wewa avec un sourire.

- A quoi penses-tu? s'écria Sukalou indigné et hors de lui, et si hors de lui, qu'un morceau de pain faillit l'étrangler; mais, Wewa, me prends-tu pour un Tartare? Je t'ai dit cela devant Mardona, tu comprends? Je voulais lui plaire, à cette femme. Elle a un naturel si jaloux, qu'en sa présence il n'est pas permis de trouver quelqu'un joli. Mon Dieu! que veux-tu? elle est curieuse. Toi, Wewa, tu as la taille un peu forte, mais cela prouve que tu es robuste, bonne au travail. Et tu es très jolie; oh! mais, très jolie, Wewa, sais-tu cela? Dieu! que ces dents sont jolies, et quelle ravissante petite bouche tu as! Tiens, donne-moi un baiser, friponne! »

La jeune amoureuse se leva précipitamment et embrassa Sukalou à deux reprises.

« Encore, ma Wewa, ma jolie petite Wewa, encore! »

Elle l'embrassa une troisième fois.

« Mais, sais-tu, interrompit soudain Sukalou qui avait mangé presque tout ce qu'il y avait sur la table, sais-tu, ma petite Wewa, que j'ai plus soif encore que je n'ai faim? Tu as dû remarquer que j'ai beaucoup de peine à avaler, tant j'ai la bouche sèche.

- Parle, que veux-tu boire, mon chéri?

- Qu'as-tu à me donner?

- De la bière ou du meth.

- Mon Dieu, je boirais bien une petite cruche de bière, puisqu'il y en a là, puis un peu de meth, pour favoriser la digestion. Ne m'en apporte pas trop peu, Wewa: la nourriture affaiblit l'estomac, tu sais? Par la même occasion, ma colombe, tu pourras m'apporter un petit morceau de lard. Tu as oublié de m'en donner, il me semble? »