- De soie et de velours.
- Avant tout, procure-moi une pelisse de martre; mais une pelisse plus belle que celle de Mardona.
- Tu auras de la zibeline, Wewa, affirma Sukalou. Toutes les comtesses portent de la zibeline. Et… que dit donc cette belle légende du pécheur… où le poisson d'or, pour récompenser l'homme qui avait levé le charme jeté sur lui, fit de sa femme une barine?…
- Elle parut sur l'escalier seigneurial, s'écria Wewa, la tète prise dans une splendide parure; elle avait au cou des colliers de perles; ses doigts étaient couverts de bagues d'or, ses pieds chaussés de pantoufles rouges. Elle portait un manteau de velours garni de zibeline. »
CHAPITRE XIII
Le juge Zomiofalski ne ressemblait guère à un fonctionnaire autrichien. On l'eût pris pour un bon bourgeois, propriétaire, avec des manières de gentilhomme, et dont le temps se passe, non à écrire et à parcourir des registres, mais à la chasse, à la pêche, à cultiver les plaisirs de l'équitation, et qui, le soir, flirte auprès des dames dans les salons, ou fume, enveloppé d'une moelleuse robe de chambre, en parcourant le dernier livre de Daudet ou de Zola. Il était d'une taille au-dessus de la moyenne. Ses mains étaient fort belles et bien soignées. Il avait le nez en bec d'aigle, très polonais, un menton accentué et de superbes yeux noirs, assez francs. Sur le front, les cheveux commençaient à lui manquer; mais il possédait toutes ses dents, des dents superbes, d'une blancheur vive et qui donnait à son visage un grand charme.
Lorsque Mardona se présenta au seuil de son cabinet, il était en train de feuilleter des actes passés devant lui, en fumant un cigare dont l'arome remplissait toute la chambre. Près de lui travaillait un clerc, qui ne cessait de tousser et de cracher.
« Qui est là? » demanda Zomiofalski, d'un ton haut et bref.
Pas de réponse.
« Eh bien, qu'y a-t-il? »